Gazette de Liége Une partie du personnel souhaite déjà arrêter le travail, la grève semble inévitable.

La décision a été prise par l’ensemble du conseil d’administration du CHR de la Citadelle (à l’exception de deux membres Écolo), en guise de zakouski de fin décembre : le budget 2018 a été voté… Un budget raboté d’une compensation de 12 millions obtenue l’an dernier, qui prévoit dès lors une série de mesures "scandaleuses", criaient devant l’hôpital le personnel et les trois syndicats en front commun, à la veille de Noël. Il faut dire que pour réaliser des économies, on parle de réduire l’effectif de 35 équivalents temps plein et de supprimer une prime de 11 % pour le personnel. On parle d’économies de 5 millions…

Aujourd’hui, la colère gronde toujours et si aucun arrêt de travail n’a été constaté, ce n’est visiblement pas l’envie qui manque au personnel qui estime qu’il est le (seul) dindon de la farce. Les tensions sont à leur paroxysme et une assemblée générale se déroulera le 9 janvier prochain avant une réunion avec la direction prévue le 12, lors de laquelle les mesures d’économies devront officiellement être avalisées. Ce qui reste en travers de la gorge des syndicats ? C’est donc la répartition des mesures d’économie. Et une mesure crispe en particulier les travailleurs : la suppression de 11 % de la prime pour prestations inconfortables. "Il faut savoir que le personnel reçoit habituellement 11 % de plus car il réalise des prestations inconfortables". Une prime à l’effort en quelque sorte qui assure au personnel du CHR une rentrée régulière, "prise en compte pour la pension", précisait Lina Cloostermans, permanente CSC. Cette prime est remplacée par une prime à la prestation… Sans oublier cette coupe claire réalisée dans la prime de fin d’année qui, une fois recalculée, est rabotée de 40 %. En marge de ces économies pourtant, la contribution médicale serait inexistante dénonce encore le personnel. Il est même question de permettre aux médecins d’augmenter leurs suppléments d’honoraires en chambre individuelle (de 200 % à 250 %).

Les syndicats disent aujourd’hui avoir du mal à retenir le personnel qui ne demande qu’une chose pour débrayer…

Un plan "inacceptable"

Au local des délégations syndicales du CHR, la rentrée est placée sous le signe de la résistance au regard des économies annoncées par la direction. Et la position semble unanime : ce plan est "inacceptable". "Ce qui est demandé de la part d’un hôpital qui se veut un service public est scandaleux", commente Maria Estevez, présidente de la délégation CSC, "car les économies sont réalisées dans un seul sens, on prend dans la poche du travailleur, jamais dans celle des médecins". Même son de cloche au sein du syndicat socialiste : "Le personnel est vraiment très mécontent car ce sont 5 millions qu’on va chercher sur notre dos", explique André Toth, président de la délégation CGSP. "C’est une volonté politique. J’ai 49 ans et il y a 20 ans, je recevais 14 patients au scanner aujourd’hui j’en suis à 40. Nous avons nos limites, nous ne pouvons pas soigner les gens comme du bétail. Pourtant nous sommes toujours à flux tendus, dès que quelqu’un est malade, nous ne savons pas le remplacer".