Gazette de Liége Découvrez les grandes tendances, commune par commune; Aywaille en tête, Esneux en queue de peloton.

“Si nous souhaitons attirer de nouveaux habitants à venir s’installer à Liège, des mesures doivent aujourd’hui être prises. Liège se veut métropole, elle doit assumer ce rôle”.

Ces propos, c’est Christine Defraigne (MR), présidente du Sénat et, en l’occurrence, cheffe de groupe de l’opposition libérale à Liège, qui les tenait à l’aube des débats sur le vote du budget, fin décembre 2017… une manière pour l’élue MR de mettre en lumière une forme d’échec de la politique d’attractivité menée par la ville de Liège ces dernières années doit-on comprendre. Un échec tout relatif toutefois lorsqu’on sait que Liège compte aujourd’hui 2.587 habitants de plus qu’il y a 5 ans et qu’à ce rythme-là, la cité aura presque atteint le seuil fatidique des 200.000 habitants d’ici 2020.

Trop peu, pas assez, suffisant  ? Le débat est sans fin mais soulève surtout cette question  : pourquoi la croissance démographie semble être un indice favorable à l’échelon communal alors que d’aucuns dénoncent les conséquences catastrophiques de la croissance démographique mondiale incessante depuis 2 siècles (même si les courbes semblent s’assagir, sous nos latitudes, à l’horizon 2050)  ?

Soyons pragmatiques, au niveau politique local, une commune qui attire de nouveaux citoyens s’apparente souvent à une commune bien gérée. Et qui peut dès lors traduire sa bonne santé démographique au travers de divers privilèges sonnants et trébuchants.

Quelles sont toutefois les communes qui, chez nous, ont réellement pris part à cette fiévreuse croissance démographique  ? La réponse pour l’arrondissement de Liège est… toutes. Ou presque. Deux vilains petits canards affichent en effet une croissance négative, en fond de classement, lorsqu’on compare les chiffres de 2012 (début de la législature 2012-2018) et de 2017  : Esneux et Chaudfontaine. Ces dernières sont les seules à perdre des habitants en 5 ans. En tête de peloton, Aywaille affiche au contraire une insolente santé avec une croissance de 5  %, tout comme Dalhem (4,79  %) ou Sprimont (3,75  %).

Alors qu’à Liège (1,32  %) la croissance est inférieure à celle de la province (1,8  %), la moyenne est supérieure dans 14 des 24 communes de l’arrondissement. Parmi les communes de taille importante qui se situent dans cette moyenne positive, on retiendra Saint-Nicolas, Flémalle mais aussi Oupeye et Herstal bien sûr qui peut se targuer d’avoir franchi en cette fin d’année le cap des 40.000 habitants. En revanche, la croissance semble stagner à Seraing, Grâce-Hollogne et Fléron.

Les raisons qui expliquent ce classement sont multiples et sont sans doute à chercher dans une conjonction de différents paramètres  : (taux de natalité… et de mortalité, âge moyen de la population, prix des terrains, services publics, mobilité, etc.).

Toujours est-il que d’une entité à l’autre, les différences sont parfois très marquées et que cela peut même changer la donne politique pour les prochaines élections communales, comme l’ont d’ailleurs bien compris certains bourgmestres contactés.

Tous les chiffres et les réactions des bourgmestres dans la DH de ce lundi.