Gazette de Liége

Le collège communal de Liège s'est prononcé en faveur de la mise en oeuvre, dans les meilleurs délais, d'une salle de consommation à moindre risque dans le but de réduire les nuisances engendrées par la toxicomanie de rue. Les locaux ayant accueilli le projet pilote "Tadam" (traitement assisté par héroïne) pourraient héberger cette salle de consommation, a précisé vendredi le collège communal de Liège.

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, multiplie les démarches en vue de voir s'ouvrir dans sa ville, fortement touchée par la toxicomanie de rue, une salle de consommation. Projet pour lequel il avait déposé une proposition de loi au parlement fédéral, qui fut rejetée par la N-VA et le CD&V pour "des raisons dogmatiques", et qui a néanmoins découlé sur la commande d'une étude auprès de Belspo (service public de programmation de la politique scientifique fédérale) visant à analyser, ville par ville, la pertinence d'ouvrir une telle salle de consommation. Les résultats sont attendus pour début février. "Nous insistons pour que le cadre réglementaire soit modifié afin que la Belgique et Liège rejoignent la liste des 8 pays et des 64 villes européen(ne)s qui disposent de salles de consommation. On en compte 90 à l'heure actuelle", précise le collège liégeois.

Il s'agirait d'un centre intégré comprenant des services socio-médico-sanitaires et visant à amener les toxicomanes vers le secteur de l'aide et de soins tout en permettant de sortir la consommation de stupéfiants de l'espace public. "L'ouverture d'un tel lieu est souhaitée par tous les acteurs sociaux, la police et les usagers eux-mêmes", ajoute le collège.

Le bourgmestre de Liège signalait lundi qu'il avait d'ores et déjà donné des instructions aux services concernés "pour que l'on s'y prépare dans l'éventualité d'un feu vert du fédéral". Il s'agit notamment d'estimer les moyens humains et financiers nécessaires. Les locaux utilisés pour le projet pilote Tadam, à côté du commissariat de Wallonie-Centre, répondent, sous réserve de quelques aménagements, aux besoins de cette future salle.

Une commission consacrée à la toxicomanie est prévue le 27 janvier. Le débat sera également amené en séance publique lors du conseil communal le 29 janvier. Le bourgmestre souhaite que le conseil communal, à son tour, se positionne en faveur de ce projet.