Gazette de Liége

C’était il y a plus d’un an, le 10 février 2009 pour être précis. Le ministre wallon alors en charge de la Mobilité, André Antoine (CDH), avait investi en grandes pompes la Violette afin de venir présenter "son" schéma de développement d’un tram au sein de l’agglomération liégeoise. Un tram dont le ministre humaniste entendait faire, à quelques mois des élections, sa "priorité absolue" et qui était à l’époque censé constituer, dixit André Antoine himself, "le moteur d’un plan global, intégré et phasé". Grand bien fasse donc aux Liégeois et aux tenants du retour du tram en Cité ardente, lequel a pour rappel été préféré à la liaison autoroutière CHB. Mercredi dernier, dans la foulée d’une décision du gouvernement wallon que la "Gazette de Liège" avait par ailleurs dévoilée, c’est dans un certain empressement que le nouveau ministre régional en charge de la Mobilité, l’écolo Philippe Henry, (ré)officialisait le retour du tram en région liégeoise. Et là, quelle ne fut pas notre étonnement, et celui de bien d’autres acteurs du dossier au premier rang desquels l’ASBL urbAgora, de constater que le plan Henry n’est en fait qu’une sorte de copier-coller légèrement amélioré - quoique - du plan initial présenté sous la précédente législature. À ce sujet, il est d’ailleurs frappant d’épingler le retournement de veste dans le chef du parti vert qui, alors dans l’opposition, n’hésitait pas à enjoindre le ministre Antoine à "ne pas bâcler complètement cette opportunité unique que représente le tram". Des déclarations des écologistes, lesquels ne voulaient pas d’un "tram à la hussarde", qui sonnent désormais pour le moins creux, tant on se demande pourquoi le ministre Henry a eu besoin de près d’un an pour accoucher de ce projet de tram jugé "minimaliste" - songez par exemple à ce mini-tram qu’on nous promet pour une hypothétique Exposition internationale à Liège en 2017 - par plusieurs intervenants politiques. "Tout ça pour ça ", est-on ainsi tenté de déplorer à l’instar de la libérale Christine Defraigne, pour qui "Henry, c’est du Antoine aux petits pieds". "Que de temps perdu !", s’exclame quant à lui le CDH, bien content de pouvoir mettre Ecolo devant ses propres contradictions. Même l’ASBL urbAgora, que l’on disait pourtant proche du cabinet Henry - à moins que ce ne soit l’inverse - s’y est mise, déplorant notamment "l’absence la plus totale de concertation avec la société civile", laquelle est pourtant un des leitmotive des militants écologistes. Il n’y a guère que le bourgmestre socialiste de Seraing, Alain Mathot, pour se réjouir des options retenues par le ministre Henry, à commencer par le passage sur la rive gauche de la Meuse. Ce nouveau schéma global de développement ne parait pas satisfaisant et ne répond pas encore, loin s’en faut, aux nombreuses incertitudes relatives au coût, au timing, voire même à certains aspects du tracé, et il laisse véritablement un goût de trop peu. C’est clair, Liège méritait mieux.