Gazette de Liége Focus sur la participation citoyenne sous l’angle des comités de quartier. Le cas du Longdoz est emblématique.

Ils sont au nombre de 32 sur le territoire de la Ville de Liège, couvrant une partie significative de ce dernier. Ils, ce sont les comités de quartier, plus nombreux proportionnellement parlant qu’à Charleroi. Faisant partie de la participation citoyenne chère aux édiles liégeois, si du moins on s’en réfère au processus "Réinventons Liège" lancé il y a peu, ils sont reconnus par la Ville comme des interlocuteurs privilégiés. Depuis l’adoption en 2015 d’une charte par le Conseil communal, les relations entre la Ville de Liège et les comités de quartier, lesquels sont notamment vus comme des lieux d’échange et de débat entre les habitants et avec les élus communaux, sont encadrées, et ce dans une volonté affichée d’objectivation.

Depuis lors et alors même que le sujet de la participation citoyenne, sous l’angle des comités de quartier, a fait l’objet de plusieurs interpellations, une personne référente a été désignée. À charge pour ce dernier, attaché au cabinet du bourgmestre et en lien avec le service transversal ad hoc (Participation et relations avec les quartiers), de jouer un rôle de "courroie de transmission". Ainsi qu’il nous l’explique, il s’agit d’être un intermédiaire entre les édiles liégeois d’une part et les comités de quartier d’autre part. Et ce dernier de mettre en évidence l’important "maillage" constaté ainsi que la grande diversité existante. En effet, des associations de fait ou encore des groupements liés à telle ou telle revendication des habitants côtoient des ASBL classiques. On remarque également une rotation importante dans le secteur concerné, laquelle se traduit par des créations mais aussi des disparitions voire des modifications.

"Des relations dans les deux sens", oui mais…

À l’heure où la campagne électorale s’annonce et où le scrutin communal se profile à l’horizon, une autre tendance lourde est constituée par la propension qu’ont les élus à être davantage attentifs à leurs préoccupations. À cet égard, le cas du comité de quartier Longdoz-Boverie est assez emblématique, le quartier dont il est question étant situé en rive droite et longtemps délaissé par les pouvoirs publics. Il y a peu, le bourgmestre Willy Demeyer (PS) était de passage lors d’une réunion du comité, lequel est présidé depuis dix ans par Olivier Dheur. Si ce quadragénaire, enseignant en langues germaniques, évoque "des relations dans les deux sens" entre le comité et la Ville, il épingle toutefois une certaine frilosité dans le chef de celle-ci.

Et de prendre pour exemple le projet Médiacité et le cas de la rue d’Harscamp où une plaine de jeux était attendue de longue date. Une autre illustration des relations parfois compliquées avec la Ville est constituée selon lui par l’ancien site Palmolive, lequel est amené à accueillir un espace vert. "Le quartier en manque cruellement donc c’est une bonne chose mais il n’y a eu aucune concertation", déplore Olivier Dheur, parlant de "politique du fait accompli". Et de poursuivre : "Il y a à mon sens un problème de méthodologie et on laisse trop peu de place à la discussion". Parmi ses autres priorités, il évoque la sécurité sur les quais de la Dérivation et déplore encore "des délais d’attente trop longs".