Gazette de Liége Celle qui succédera à Willy Demeyer à la Chambre réclame plus de transparence au Parti.  Entretien. 

Ancienne bourgmestre de Fléron, députée fédérale de 2007 à 2014, Linda Musin est appelée à occuper le siège de Willy Demeyer à la Chambre des représentants. Le bourgmestre de Liège, comme on le sait, a annoncé qu’il renoncerait à ce mandat quand la commission Terrorisme, où il siège, aura achevé ses travaux. Il passera donc le flambeau à sa première suppléante aux législatives de 2014. Nous l’avons interrogée sur ce retour au Parlement et le contexte très particulier où il intervient.

Les affaires Publifin, Nethys…, c’est désastreux ou c’est gonflé à l’excès ?

J’ai été d’un côté très choquée quand j’ai appris qu’on pouvait gagner des sommes pareilles sans même aller à des réunions. Franchement, je ne savais pas que cela pouvait exister. Pour ma part, j’ai toujours un mandat non rétribué à Mnema (Cité miroir). Je suis très heureuse, en tant qu’historienne, de participer à ce beau projet et je n’ai aucun problème à ne pas être payée. Maintenant, il est normal que certains mandats soient rétribués mais ici, on est dans des sommes qui sont une aberration.

En redevenant députée dans ces conditions, vos sentiments doivent être mitigés…

C’est triste. Ces affaires donnent une image déplorable de la politique alors que dans la majorité des cas, on ne fonctionne pas comme cela. Malheureusement, nous voilà tous dans le même panier. Cela me fait mal aussi pour une entreprise qui fournit des milliers de bons emplois en région liégeoise. Il ne faudrait pas que ce qui se passe attire certains vautours.

Que répondez-vous aux militants qui sont aujourd’hui tentés par le PTB ?

Je n’ai rien contre personne, mais le PTB, ce sont des grands discours, de grandes envolées. Il ne faut pas vendre du vent. Pour gérer la cité, un moment donné, il faut revenir à la réalité. La gestion est compliquée. On n’y va pas avec des slogans simples ou évidents. A moins d’évacuer tous les autres partis de la scène politique, comment le PTB va-t-il appliquer son programme ? Pour gérer, il faut réaliser des consensus, pas avec les partis extrêmes.

Au sein de la fédération liégeoise du PS, il y a des voix qui se sont élevées depuis plusieurs années pour réclamer davantage de transparence : Frédéric Daerden, Jean-Pascal Labille, Marc Bolland… Vous vous rangez de leur côté ou vous les trouvez trop injustes envers la direction actuelle ?

Je partage leur avis. La gestion par quelques-uns qui décident et viennent ensuite expliquer aux autres, cela ne va plus. Il faut se défaire des vieilles habitudes. On est trop souvent allé à des réunions pour apprendre ensuite par la presse ce qui se passait à droite et à gauche. Nous avons le droit d’être informés.

La transparence, le rapprochement des mandataires de la base, une meilleure concertation en interne…, tout cela avait déjà été largement promis lors des élections de la fédération en 2015…

Cela avait même été promis en 2011. Après, chacun se remet dans ses habitudes. Mais maintenant, la perception des gens change.

Vaut-il mieux un seul candidat à la présidence pour préserver l’unité ou plusieurs candidats pour favoriser le débat ?

Jean-Pierre Hupkens est un bon candidat. Parce qu’il est échevin, on le voit comme le candidat de Demeyer, mais c’est quelqu’un qui fait du bon boulot. C’est vrai que s’il y a plusieurs candidats, on peut davantage échanger, mais on a peu de temps avant le 1er mai. Il faut avoir un bon échange avec quelqu’un dont le programme puisse évoluer.

Comme députée, quels seront vos sujets de prédilection ?

J’ai siégé précédemment dans la commission Infrastructures, Communications et Entreprises publiques et dans la commission Buizingen qui a très bien fonctionné. Sur le plan de la sécurité, nous avons formulé plus de cent recommandations. Nous avons pu voir que le SNCB et Infrabel en ont tenu compte. Je continue de m’intéresser au rail, pour les navetteurs mais aussi pour les cheminots qui sont très attachés à leur entreprise. Le problème de fond reste le même : les économies. La grève reste la seule manière de se faire entendre. Alors, quand Bellot vient avec le service minimum… Quant à la libéralisation du rail, c’est une ineptie en matière de sécurité.

Le PS a dû apprendre à siéger dans l’opposition. Pas évident pour faire avancer des propositions…

C’est vrai qu’on peut s’égosiller en vain. Mais la possibilité de poser des questions aux ministres est quelque chose d’essentiel, même si certains ne répondent pas vraiment. Un jour, j’ai demandé qu’une locomotive soit détachée aux Guillemins. C’est bien nécessaire en cas de panne. Un journaliste a traité ma question de dérisoire et les syndicats n’y croyaient pas. Mais cette locomotive, on l’a eue.