Gazette de Liége

Si le retour du tram à Liège se fait attendre, le reste de l’Euregio Meuse-Rhin vient de franchir un nouveau pas dans le développement de son réseau de transport en commun mais sans la capitale principautaire. En effet, nos voisins du nord se sont mis d’accord sur un programme concret d’actions pour le développement du transport public. Et la création du tram rapide entre Hasselt et Maastricht en fait partie.

Pour rappel, l’Euregio réunit le Limbourg flamand et le Limbourg hollandais, la région d’Aix-la-Chapelle, la Province de Liège et la Communauté germanophone. L’idée initiale était de favoriser les échanges entre zones frontalières, ayant historiquement bénéficié de peu d’investissements des États centraux.

Au programme, donc, plusieurs projets ferroviaires dans la partie est de la ville de Maastricht, dans le "Parkstad" (communauté urbaine entre 8 communes du Limbourg hollandais du sud-est) et à l’égard de la liaison Maastricht-Vaals-Aix-la-Chapelle.

Plus important encore, la création d’un tram rapide entre Hasselt et Maastricht est également relancée. Il permettra de relier les deux villes limbourgeoises en 36 minutes (plutôt qu’en 71). Coût total du projet : 45 millions d’euros. En 2012, fin prévue des travaux, la fréquence de ces navettes devrait s’élever à un tram toutes les demi-heures.

Bref, il semble que les partenaires néerlandophones et germanophones des Liégeois accélèrent leur intégration en dehors de l’Euregio au sens strict. Au risque de laisser sur le bord de la voie les "Latins" ? C’est bien la question qui en soulève d’autres plus générales, telles que l’utilité réelle de l’organisation transfrontalière.

Pour Julien Mestrez, le député provincial (PS) ayant en charge les matières relatives à l’Euregio, il existe en effet un risque en matière de transport public : "Ce défi n’est pas encore assez clairement perçu chez nous. Quelque chose est en train de se mettre en place à nos frontières et il faut absolument que Liège soit dedans et non en dehors."

Problème : la mobilité fait bien partie des priorités de l’Euregio Meuse-Rhin, "mais en Belgique les décisions relèvent du fédéral, déplore-t-il. Au niveau de l’Euregio, on a identifié les problèmes e t nous nous employons au maximum à les résoudre. Toutefois, la situation est actuellement inégale : les Pays-Bas et la Flandre d’une part, les Pays-Bas et la Rhénanie du Nord-Wesphalie, d’autre part, ont signé des accords en matière de mobilité, accompagnés de plans précis."

Alors que faire ? "Notre ambition, c’est que la Région wallonne, via la Province de Liège, se raccroche au maximum à ce développement. Mais les Hollandais ne veulent rien signer avec nous tant que les projets ne sont pas assez mûrs pour atteindre un stade opérationnel "

Soyons de bon compte, la plus-value eurégionale ne frise tout de même pas le néant en ce qui concerne la mobilité : des collaborations existent, rappelle Julien Mestrez. "L a liaison entre Maastricht et la gare TGV de Liège est déjà une réalité. Par ailleurs, les germanophones sont en train de défendre l’idée de remise en circulation des anciennes voies ferroviaires, comme celles entre Raeren et Montjoie (Allemagne). Nous veillerons à ce que Spa, notamment, soit incluse dans le futur réseau."