Gazette de Liége

Oui, le rock indépendant liégeois vit ses belles heures. Et le Collectif Jaune-Orange est là pour le rappeler. Saisissant la balle de "Liège Métropole Culture 2010", il lance son premier festival rock et souffle, dans la foulée, sa 10e bougie. Le collectif n’a rien perdu de sa fougue, ni de sa ligne de conduite : promouvoir de jeunes musiciens principalement issus de la scène rock indépendante liégeoise.

"Au départ, une poignée de groupes et musiciens liégeois qui avaient les mêmes affinités musicales ont décidé de se regrouper pour avoir une meilleure visibilité, d’abord via un site Internet, explique Jean-François Jaspers, coordinateur. Puis vint la première compilation qui s’est très vite écoulée. Et le premier concert du collectif au café L’Escalier a fait sold-out."

Jaune-Orange a servi de tremplin à de nombreux groupes bien connus de la scène belge : Malibu Stacy, Hollywood Porn Stars, Two-Star Hotel, Superlux, Blue Velvet Une mouvance qui continue à germer du côté de la nouvelle génération : Elvy, Airport City Express, Dan San.

En dix ans, Jaune-Orange peut se targuer d’avoir sorti quatre compilations. Depuis 2006, cerise sur le gâteau, l’ASBL est passée "Label". Chaque année, la "maison de disque" Jaune-Orange accouche de deux à trois albums, notamment ceux de My Little Cheap Dictaphone, The Experimental Tropic Blues Band et de Piano Club. "On défend certes du rock mais pas un seul style. Electro, pop, folk sont les bienvenus", précise Jean-François.

L’organisation de concerts, voilà encore une autre facette du collectif. Et les frontières liégeoises ont été depuis bien longtemps franchies. "On tournerait en rond en se focalisant sur le collectif et sur Liège, note le coordinateur. Nos concerts ont été délocalisés dans toute la Communauté française et ils s’ouvrent aux artistes liégeois mais aussi belges et internationaux." Aujourd’hui, le collectif jouit d’une importante visibilité, d’une expérience, d’un label de qualité. Pari réussi. "Mais on tient à rester dans une philosophie artisanale, à éviter les compromis musicaux."

Toujours sur le qui-vive, Jaune-Orange souhaitait lancer son festival rock. "Quand on a appris que Liège serait Métropole Culture 2010 et que l’année coïncidait avec nos dix ans, on a mis la machine en marche." Ce 7 août, le "Micro-festival" prendra donc son envol, un événement qui sera récurrent et qui prend le contre-pied des grands festivals d’été, en misant sur la découverte et une taille réduite. "Ce sera un petit festival, à dimension humaine, qui revient à une ambiance plus relax, plus familiale, indique Jean-François. On ne se pose pas en opposition aux autres festivals mais plutôt en complément."

Si la programmation n’est pas encore clôturée, les organisateurs livrent déjà quelques mises en bouche. Sur scène, les Chiliens de Panico déverseront leur électro-rock aux accents latino, tout droit sorti de leur dernier album. "Une touche chaleureuse, colorée, festive, très dansante qu’on mettrait bien en clôture, comme feu d’artifice", confie l’organisateur.

Le groupe américain Black Diamond Heavies sera aussi de la partie avec un rock dur, puissant solide. "Une tornade ", résume-t-il. Le souhait également : proposer des groupes liégeois du collectif et originaires du nord du pays. Tout ce petit monde se donnera rendez-vous sur le site du Pré du Baneux, dans le quartier Saint-Léonard. La part belle sera aussi donnée aux réflexions écologiques et responsables : gobelets recyclables, toilettes sèches, nourriture bio et naturelle.