Gazette de Liége

Mobilisation globalement réussie, mercredi, pour la sidérurgie liégeoise, non seulement quant au nombre de manifestants, conforme aux prévisions, mais aussi par la participation, l’implication, au minimum l’empathie de la population. C’était loin d’être toujours le cas dans un passé même récent, quand on faisait surtout, après les actions des métallos, le bilan des dégâts et des manques à gagner.

Les derniers ont presque été les premiers : quand, après une boucle passant par le boulevard Piercot, les quais, la place de la République française , le cortège est revenu au boulevard d’Avroy, il y avait encore des partants, au lieu de rassemblement près du Torè, qui venaient à peine de commencer leur marche. En chiffres, cela donne 40.000 participants pour les syndicats, 15.000 pour la police, sans doute quelque 20.000 en fait. D’autres bassins, dont Dunkerque, avaient envoyé des délégations.

A la tribune, sous le regard de Charlemagne, Egidio Di Panfilo, secrétaire général du SETCa-Liège, à réentonné l’air de la nationalisation d’ArcelorMittal, dénonçant "le diktat d’un terroriste financier qui met en danger l’avenir de 10.000 familles dans le seul but de faire toujours plus d’argent".

"Nous sommes en guerre, mes amis, a lancé pour sa part Jordan Atanasov, secrétaire syndical de la CSC Metea, sans craindre d’être emphatique. Une guerre financière, une guerre économique, une guerre sans foi ni loi, une guerre sociale qui tue aveuglément". Et d’appeler les responsables politiques à explorer toutes les pistes pour le maintien à Liège d’une sidérurgie intégrée, en s’appuyant notamment sur l’étude commandée par la Région wallonne et qui sera publiée dans les prochains jours.

Francis Gomez, président de la FGTB Métal-Liège, s’est montré quant à lui particulièrement virulent à l’endroit de Lakshmi Mittal, "un lâche, une honte pour l’humanité" qui "n’arrivera pas à faire taire les Liégeois".

Comme prévu, aucun bus des Tec n’a circulé et des arrêts de travail ont été observés, particulièrement dans la fonction publique communale et provinciale. "Cette grève est néfaste pour la région liégeoise dans l’environnement économique actuel", a déploré João Félix Da Silva, CEO d’ArcelorMittal Liège.