Gazette de Liége

À 23 ans, être classé par Willy Demeyer, président de la fédération liégeoise du PS, dans le top 5 des jeunes socialistes qui promettent le plus, c’est pas mal On parle ici de Déborah Géradon, la présidente des jeunes PS pour l’arrondissement de Liège.

Politologue (ULg) de formation, orientation administration publique, la Flémalloise brise en morceaux le mythe de la belle blonde un peu limitée : Déborah Géradon a les idées claires, des références intellectuelles solides (son modèle : Emile Vandervelde) et est auréolée de ses 4219 voix de préférence réalisées aux dernières élections régionales (sa première expérience).

Question : pourquoi le PS ? Réponse : "Ce qui m’a séduite au PS, c’est la force de sa structure. Ce parti tire sa force de ses sections locales, de ses divers mouvements, explique-t-elle en politologue avertie. Par exemple, le mouvement des jeunes est important au sein du parti. On est fort indépendant du reste de l’appareil : à l’égard des "affaires", on a pu dire clairement ce que l’on pensait."

Attention : le virus du socialisme ne lui a pas été transmis que par cette fascination, elle en a hérité aussi. "Mon grand-père était mineur et ma grand-mère tenait un magasin du peuple ! Je ne suis pas gauche-gauche mais plutôt de la gauche réaliste. Aujourd’hui, l’objectif de la gauche, c’est de conserver les acquis sociaux ! Les aides de l’Etat, c’est vraiment une logique de gauche. L’importance de ces interventions est difficile à faire comprendre aux jeunes notamment."

En plus, malgré sa jeunesse, Déborah Géradon a des planches. À la question piège "qui préférez-vous entre Michel Daerden et Willy Demeyer ?", elle répond sans sourciller : "Les deux sont nécessaires. Michel Daerden a un côté proche des gens : en campagne, il est vraiment sur le terrain. Willy Demeyer est vraiment dévoué pour sa ville : il ne cumule pas, il a démissionné de son mandat de député pour être disponible à 100 % pour Liège."

Au fait, quelle est la recette pour réaliser 4219 voix de préférence, dès la première élection, et en étant située à la quatrième suppléance de la liste PS ? "J’ai eu le soutien de Willy Demeyer par exemple. Et puis, être présidente des jeunes m’a aidé. Par ailleurs, comme je n’avais pas beaucoup de budget, j’ai réalisé une campagne à 0 euro en allant sur le terrain, via Facebook, via les forums sur Internet, etc." Et grâce à l’appui des troupes des sections "Jeunes PS".

Mais, d’habitude, les "jeunes qui promettent" en politique, sont envoyés dans les cabinets ministériels pour s’y faire les dents. Pas Déborah Géradon "J’aurais pu aller dans un cabinet socialiste mais je n’ai même pas envoyé de candidatures et ce, pour rester à Liège. En outre, je ne voulais pas travailler pour une personnalité politique particulière !"