Gazette de Liége

L’ avenir du site de la Chartreuse à Liège est désormais entre les mains de deux promoteurs immobiliers. Matexi et Immo Chartreuse ont, en effet, acquis une quinzaine d’hectares, dont le site du fort, où ils comptent bâtir de trois à quatre cents logements et bureaux.

Ce plan ne plaît guère à l’association Urb-Agora qui a fait part de son désarroi. "Nous déplorons l’éparpillement du logement sur le site. C’est gaspiller une grande superficie pour un habitat pavillonnaire", commente François Bertrand, administrateur de l’ASBL. Il faut dire que le site de la Chartreuse est l’un des rares poumons verts de la ville, le seul de la rive droite.

UrbAgora dénonce : "Un entrepreneur a procédé à la démolition des cachots du fort sans autorisation." Quant aux riverains, ils craignent des pillages de matériaux du fort. De plus, l’opération de sécurisation lancée en 2005 n’est toujours pas terminée.

Qu’on ne s’y méprenne pas, le groupement citoyen n’est pas totalement contre le projet. "Nous demandons juste qu’un lien étroit soit fait avec la ville et que l’empreinte sur le site soit moins importante", explique Olivier De Wispelaere, membre de l’ASBL.

Lui et ses pairs relèvent une série de fausses notes dans le projet dont un problème de mobilité. "Il faut favoriser des alternatives à la voiture. Par exemple, nous proposons de rouvrir la halte ferroviaire de Cornillon et de créer une nouvelle ligne de bus traversant le site de la Chartreuse." Mais ce que regrettent surtout les membres, c’est un manque de concertation entre les différents acteurs.

En outre, l’ASBL redoute un non-entretien des parties vertes restantes à la Ville (20 hectares) mais aussi la création d’une communauté fermée. "Les promoteurs veulent construire des habitations pour population aisée. Nous ne voulons pas d’un lotissement, pas de ghetto à bobo. On pourrait prévoir des logements sociaux ou une crèche pour avoir plus de mixité sociale", propose l’administrateur.

La Ville gérant toujours la voirie, l’éch evin de l’Urbanisme Michel Firket précisait, dans "La Dernière Heure" de vendredi, que l’aménagement de trois chemins est inscrit au budget 201 1. Pour Olivier De Wispelaere, "l’initiative vient des promoteurs, pas de la Ville. Encore une fois nous déplorons la démission des pouvoirs publics dans ce genre de dossier."

Au point où en est le projet, la seule marge de manœuvre restante concerne les voiries. L’ASBL a communiqué ses propositions à la Ville.

A.P. (St.)