Peut (vraiment) mieux faire

Isabelle Lemaire Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

La Province dépense plus de quatre millions d’euros pour faire venir le Tour de France à Liège et elle nous octroie un subside de 1000 euros pour dispenser des cours de vélo trafic. Seul un million est dévolu à la création d’infrastructures pour les cyclistes dans la ville, via le plan régional Wallonie-Cyclable. La disproportion est énorme !"

Au Gracq, on n’est pas content. L’association des cyclistes au quotidien estime que la politique en matière de mobilité douce est loin d’être suffisante. "On sent un frémissement, un intérêt croissant de la part des pouvoirs publics, mais on n’investit pas encore assez dans le vélo à Liège", déplore Julien Fastré, le responsable de la locale liégeoise.

Ces usagers du vélo urbain pointent de nombreuses carences dans les aménagements de voiries. "Emprunter les voies rapides relève quasiment du suicide et certaines infrastructures sont aberrantes comme des pistes cyclables à gauche de la route. Quand on réaménage une rue, on ne pense pas forcément à y créer des espaces pour les vélos ou bien alors les pistes cyclables ne sont pas assez sécurisées. Il faut vraiment être un cycliste aguerri pour oser se déplacer à vélo à Liège."

L’association relève également que la Maison des cyclistes, située à la gare des Guillemins, est fermée le week-end. "Alors, les gens prêts à louer un vélo doivent y renoncer. La part modale du vélo dans les déplacements à Liège n’est que de 2 %. Il reste encore un long chemin avant d’atteindre le niveau de villes comparables comme Strasbourg (14 % de part modale dans le centre-ville, 8 % dans la région) ou Bordeaux (8 % dans le centre-ville)" , indique Julien Fastré.

Le Gracq souligne tout de même quelques points positifs. "Madame Vélo (Marie-Claire Schmitz, la conseillère en mobilité douce de la Ville, NdlR) fait du bon travail. La Ville annonce qu’il y aura un marquage au sol vélo sur la Passerelle rénovée. Et on devrait inaugurer en août une piste cyclable à droite sur le boulevard de la Sauvenière."

A La Maison des cyclistes, on se veut plus optimiste, même si l’on admet "qu’un grand travail reste à faire en matière de parcage et de budgets affectés à la mobilité douce". "On revient de loin à Liège. Il y a quinze ans, il n’y avait rien. Aujourd’hui, on a les Ravel, des itinéraires cyclistes qui se mettent en place et les Sul (les sens uniques limités, ces rues que les cyclistes peuvent emprunter à contresens, ndlr) . Créer des pistes cyclables prend du temps car la machine décisionnelle est assez lourde. Mais il faut persévérer car un véritable engouement pour le vélo se fait sentir. De janvier à avril, la Maison des cyclistes a accueilli 1689 personnes, soit une hausse de 22 %. Et sur la même période, 301 usagers sont venus chez nous pour des réparations de vélo (+ 71 %)", signale Sébastien Biet, le coordinateur.

Depuis 2005, la Ville procède deux fois par an à un comptage des cyclistes urbains. Sur une heure de temps, l’on dénombrait 472 usagers en 2005. Six ans plus tard, ils étaient 599, soit une hausse de 27 %.

Alors, s’il reste du chemin à parcourir, il faut mentionner ces initiatives visant à encourager la pratique. Un parking payant à contrôle d’accès de 34 places vient d’être inauguré à la gare des Guillemins. Trois entreprises liégeoises (Ethias, le Forem et Belfius) participent à la campagne "Tous vélo-actifs". Elle encourage les travailleurs à utiliser le vélo pour leurs déplacements domicile-travail. Les employés de Belfius pourront bénéficier d’un coaching vélo. Ceux du Forem et d’Ethias seront incités, tous les vendredis de l’été, à se rendre au travail à vélo. Enfin, 50 vélos ont été mis à disposition du personnel communal en novembre dernier pour se rendre à leur travail à bicyclette. L’opération est un succès puisque 63 demandes ont été introduites.

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