Gazette de Liége

Mettre ses compétences en matière de lecture et d’écriture au service du public mais aussi orienter les usagers vers des services qui leur apporteront une aide spécifique, tel est le rôle des écrivains publics. Ce métier encore méconnu est plus que jamais indispensable, dans une société largement basée sur l’écrit où 10 % de la population est illettrée. Si un réseau de permanences d’écrivains publics, géré par le Pac (Présence et action culturelles, un organisme d’éducation permanente), existe à Liège depuis 1999, la région verviétoise n’en disposait pas.

Et c’est pour remédier à cette carence que le Pac Verviers a organisé, au printemps 2010, une formation à ce métier afin de recruter des hommes et des femmes désireux de se lancer dans l’aventure. Car l’on ne s’improvise pas écrivain public, comme l’explique Isabel Martin, la coordinatrice. "Cette formation s’étale sur 99h et comprend différents modules comme l’écoute active ou des mises en situation. Il s’agit d’appréhender les réalités du métier. Ensuite, les participants doivent prester 15h de stage auprès d’un écrivain public en fonction." Au terme de cette formation, dix-huit personnes ont reçu une attestation leur permettant d’exercer.

Le Pac Verviers a alors démarché le milieu associatif pour trouver des lieux susceptibles d’accueillir une permanence. "Cela a pris du temps et ce malgré une forte demande de leur part pour ce type de service", signale Isabel Martin. "Il fallait en effet trouver des locaux adaptés où la confidentialité des entretiens serait respectée." Finalement, huit permanences ont été créées, à Verviers, Dison, Jalhay, Montzen et Plombières. Une autre ouvrira prochainement à Welkenraedt. "Les permanences sont implantées dans des quartiers défavorisés où l’on trouve une population d’origine étrangère ou assez précarisée", précise-t-elle.

Une fois par semaine et pendant deux heures, les écrivains publics verviétois reçoivent un public qui formule des demandes variées : rédaction d’un CV, de courriers administratifs ou privés "Il faut préciser que ce service est gratuit et que les lettres ne sont pas rédigées à la place des personnes. Les usagers restent maîtres du contenu. Nous ne voulons pas créer une relation de dépendance. Notre démarche est celle de l’émancipation." Parfois, les demandes dépassent les compétences des écrivains publics. Ils vont alors orienter les personnes vers des services adéquats pour traiter les problèmes rencontrés.

Mais quel bilan tirer, quelques mois après l’ouverture de ces permanences ? Ces écrivains d’un genre un peu particulier ont-ils rencontré leur public ? "Cela commence à marcher. Le bouche-à-oreille fonctionne, dans les commerces, le milieu associatif." Détail étonnant, la fonction d’écrivain public n’est pas encore reconnue officiellement. "On se bat pour cette reconnaissance mais c’est un travail de longue haleine", constate Ila coordinatrice.

Liste des permanences disponible sur : www.pac-verviers.be ou au 087/33.75.33.