Gazette de Liége

Une fois n’est pas coutume, c’est un ministre wallon, en la personne d’André Antoine (CDH), qui avait investi la Violette ce mardi afin d’y faire le point sur l’important dossier du tram à Liège. Outre le ministre wallon des Transports et la Société régionale wallonne des Transports (SRWT) qui a piloté le dossier, l’ensemble des forces vives liégeoises étaient représentées à cette occasion.

C’est le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), qui le premier a pris la parole, insistant encore sur "la nécessité de réinstaurer un réseau de transport en commun structurant, un des trois facteurs qui permettent le développement d’une métropole urbaine digne de ce nom". Partageant ce dessein, André Antoine s’est tout d’abord félicité du "succès rencontré par les transports en commun wallons", citant le chiffre de 243 millions de voyageurs transportés en 2008 dont la moitié par le TEC Liège-Verviers, et il a affiché sa "priorité absolue" à ces derniers et à ce qui est appelé la mobilité douce.

"Le retour du tram à Liège, c’est un choix politique fort et c’est une chance historique pour l’agglomération liégeoise", a poursuivi le ministre. Il est ensuite revenu sur le financement de ce qu’il qualifie de "grand projet mobilisateur" qui doit faire l’objet d’un partenariat public-privé.

C’est ensuite au nouvel administrateur général de la SRWT, Jean-Marc Vandenbroucke, qu’il est revenu de détailler les lignes de force de ce qui est qualifié de "plan global, intégré et phasé". Un plan global car il se situe au niveau de l’agglomération liégeoise, son élément fondateur étant le Plan urbain de mobilité (PUM), document d’analyse mais aussi de prospective. "Le PUM conclut que sans planification globale, il y aura une asphyxie des déplacements", a rappelé Jean-Marc Vandenbroucke.

Plan intégré aussi car il s’efforce d’intégrer les différents modes de déplacement alternatifs que sont, outre le tram, le train léger (de type RER), le bus, le vélo, sans oublier la création de "poches d’absorption" de la circulation automobile que constituent les parkings relais. "Ce vaste réseau global de mobilité douce, c’est la situation idéale vers laquelle il faut tendre", a souligné le "patron" de la SRWT.

Destiné à remplacer la voiture et non le bus, dont le réseau va être restructuré, le tram est considéré comme le "moteur" de ce plan global et intégré qui se veut aussi phasé. La première phase de celui-ci doit consister en la réalisation d’une première ligne de tram sur l’axe Herstal-Seraing, un axe qui selon l’étude de la SRWT se révèle très fréquenté. Longue de 17,5 km, cette ligne comptera 25 arrêts, dont sept points identifiés d’intermodalité forte avec les bus, et permettra de relier des pôles majeurs comme la place Saint-Lambert ou encore la nouvelle gare TGV des Guillemins.

Budget : 500 millions d’euros

En ce qui concerne le passage du tram dans ce secteur, soit par la rue des Guillemins ou par la rue Paradis, la question que l’on sait épineuse n’a pas encore été tranchée. Autre incertitude au sujet de la question essentielle du tracé du futur tram liégeois : le passage ou non par la rue Féronstrée, laquelle ferait dès lors l’objet d’une mise en piétonnier. Dans un cas comme dans l’autre, des études doivent encore être menées par les autorités régionales et communales qui promettent en tout cas "une vaste concertation" sur le sujet.

Visant à anticiper le futur développement urbain, la réalisation d’une deuxième ligne de tram est aussi envisagée, le tracé privilégié étant celui d’un axe reliant le plateau d’Ans à Chênée voire à Vaux-sous-Chèvremont. Pas de tram prévu donc sur la Nationale 3 reliant Ans et Fléron, et ce pour des raisons topographiques dit-on du côté de la SRWT, mais bien un renforcement de la desserte en bus.

Les estimations budgétaires pour la première phase s’élèvent à 500 millions d’euros tandis qu’on parle de 300 à 700 millions d’euros en ce qui concerne la deuxième phase. Après un délai de six ans nécessaire à des études plus fines, à l’obtention des autorisations et à la réalisation des lignes, le retour du tram à Liège est prévu à l’horizon 2015.