Gazette de Liége Son patron René Schyns fait le point et lève un coin du voile sur le bicentenaire de l’ULg.

René Schyns n’est pas Martin Luther King mais il avait des rêves. Et force est de constater qu’à l’âge de 78 ans, ce Welkenraedtois - il y préside le club de tennis local depuis plus de 50 ans - en a déjà réalisé plus d’un. Il faut dire que l’homme, étiqueté PSC puis CDH mais qui assure avoir pris ses distances avec la politique, est à la barre de la société coopérative à finalité sociale Europa 50 (à côté de l’ancienne ASBL Collections et Patrimoines).

À cette dernière, active depuis le début des années 90, on doit la production et l’organisation de grandes expositions voulues d’envergure internationale. C’est ainsi que depuis "Tout Hergé" en 1991 à Welkenraedt, laquelle fut suivie par "Tout Simenon" en 1993 à Liège, René Schyns et son équipe, soit une quarantaine de personnes, n’ont cessé d’enchaîner les succès de foule. Le plus important en date étant la rétrospective "J’avais 20 ans en 45" tenue à Bruxelles en 1994 et qui a réuni au total quelque 750 000 visiteurs.

Depuis lors, la barre des 200 voire même des 300 000 entrées a toujours été franchie, rendant Europa 50 incontournable en tant que conceptrice ou importatrice d’expositions ludiques et au côté grand public assumé par René Schnys. À l’issue d’une trilogie d’événements organisés dans le cadre de la gare TGV des Guillemins où ce dernier a élu domicile au travers d’un bail de longue durée conclu avec la SNCB ("Nous sommes les premiers au niveau belge en ce qui concerne les tickets combinés B-Excursions", se félicite-t-il, évoquant également un fort attrait eurégional) et après avoir exploré l’univers du peintre espagnol Salvador Dali, c’est à l’armée en terre cuite du premier empereur chinois qu’il a décidé de faire la part belle.

Plus de 50 000 visiteurs pour "Terracotta"

À l’heure du bilan, l’exposition ayant débuté fin décembre et se clôturant dimanche, René Schyns affiche un large sourire. C’est que le patron d’Europa 50, laquelle fut en son temps en concurrence avec la SA Tempora au sujet du nouveau musée liégeois de la Boverie, avance un bilan chiffré jugé positif avec plus de 50 000 visiteurs en seulement quatre mois et sur une thématique sans doute moins porteuse que les précédentes.

Loin de vouloir se reposer sur ses lauriers, le chevalier du Mérite wallon qu’est René Schyns depuis 2014, soit l’année de l’opération "Liège Expo 14-18" menée de concert et non sans une certaine difficulté avec la Province (les rapports avec la Ville n’étant pas non plus des plus simples), a remis l’ouvrage sur le métier. Ainsi, depuis plusieurs mois, il s’active à la préparation de sa prochaine exposition, intitulée "J’aurai 20 ans en 2030" et inscrite dans le cadre du bicentenaire de l’ULg. Alors que son inauguration est prévue le 23 septembre prochain, deux jours avant la commémoration officielle de la naissance de l’Alma Mater liégeoise, pour une durée de huit mois, René Schyns lève un coin du voile.

Comme expliqué par ce dernier, un objectif de cette exposition qui n’a pas été facile à monter compte tenu du fait qu’il faut imaginer le futur dans un contexte où les innovations sont légion et qui se distingue des précédentes en ce qu’il ne s’agit pas de regarder vers le passé mais de se projeter dans l’avenir, sera de mettre en exergue le côté universel de la science et de la recherche. "Elle sera bien entendu à vocation internationale mais aussi locale car un objectif sera de mettre en avant ce qui se fait de bien à Liège", souligne le commissaire général. Ainsi, quatre grands thèmes ayant trait à l’homme assisté, connecté, responsable et modifié seront explorés au travers d’une dizaine d’espaces différents et des liens seront établis tant avec l’ULg que CMI qui commémore aussi son bicentenaire en 2017 ou encore les spin-off, les pôles de compétitivité…