Gazette de Liége Le musée de la Boverie accueille jusqu’en juin une exposition consacrée aux revues Métal Hurlant et A suivre.

Le musée de la Boverie à Liège, sis dans le parc éponyme et inauguré en mai dernier, poursuit sur sa lancée. Ainsi donc, ce complexe dédié aux Beaux-Arts et à la vocation internationale affirmée accueille une nouvelle exposition d’ampleur. Après l’événement inaugural "En plein air" organisé en partenariat avec Le Louvre avec qui le musée liégeois collabore de façon récurrente et l’exposition dénommée "21 rue la Boétie" et consacrée à la collection du grand-père d’Anne Sinclair, place à un tout autre genre. En effet, pour son troisième événement temporaire que la Ville considère comme étant "de prestige", le musée de la Boverie accueille dès ce vendredi et jusqu’au 11 juin prochain une exposition intitulée "Révolution bande dessinée" et dédié comme son titre l’indique au neuvième art.

Une première fois

Présentée ce jeudi à la presse, laquelle avait une nouvelle fois fait le déplacement en nombre, cette dernière est organisée par la Ville de Liège en partenariat avec le prestigieux Fonds Leclerc pour la culture. C’est d’ailleurs à l’initiative de Michel-Edouard Leclerc, grand patron français actif dans la grande distribution mais qui se vante également d’être "le deuxième libraire de France", que ce fonds privé a pu être mis sur pied. Basé à Landerneau, sa ville d’origine située à quelques encablures de Brest, il a investi dans plusieurs formes d’art parmi lesquels la bande dessinée dont l’homme s’est dit ce jeudi un véritable passionné. Visiblement ravi d’être présent à Liège et ayant une histoire commune avec la Ville puisque c’est à sa fondation que fut prêtée il y a quelques mois et avec les remous que l’on sait le célèbre tableau "La maison bleue" du peintre Marc Chagall, le mécène français a insisté sur le fait que c’est la première fois que sa riche collection s’expose hors de ses murs.

300 planches originales

Et d’évoquer en outre devant un parterre liégeois dont le bourgmestre Willy Demeyer (PS), lui-même amateur de BD, la volonté qui est la sienne de rendre à celle-ci les lettres de noblesse qu’elle mérite et de mettre sur le même pied des artistes différents. C’est ainsi que cette exposition, "la première de cette ampleur sur une période si créative et si influente auprès des autres formes d’art", à savoir celle courant de 1975 à 1997, est consacrée aux revues emblématiques Métal Hurlant et A suivre. Au travers de l’aventure éditoriale et artistique de ces deux revues alternatives fondées en contrepoint aux plus classiques Tintin, Spirou..., laquelle est mise en perspective par Jean-Baptiste Barbier, elle présente quelque 300 planches originales. Au rayon des auteurs présents au sein de ce parcours visant la stimulation entre les deux revues caractérisées par une exigence du récit et une révolution graphique et qui est également agrémenté des intéressantes collections de la Ville de Liège, on retrouve de grands noms tels que ceux d’Enki Bilal, de Jacques Tardi, de François Schuiten, d’Hugo Pratt et encore bien d’autres.Bruno Boutsen