Gazette de Liége Guerre Une cérémonie du souvenir était organisée ce mardi au sein du cimetière liégeois de Robermont.

Le War Heritage Institute, en anglais dans le texte, est une institution fédérale qui existe depuis tout juste un an et qui rassemble différents organismes œuvrant dans le domaine du patrimoine militaire et de la mémoire au sens large. C’est ainsi que l’on y retrouve notamment le Musée royal de l’Armée, l’Institut des vétérans et plusieurs sites tels que le fort de Breendonck ou encore Bastogne Barracks. C’est donc sous l’égide de cette institution qu’était organisée ce mardi matin en terres liégeoises, au sein du cimetière de Robermont, et en présence de plusieurs personnalités une cérémonie du souvenir.

Laquelle avait pour thème le projet dénommé "Nos héros oubliés" et inauguré le 2 mai dernier au cimetière de Bruxelles en présence du Roi Philippe. Comme expliqué ce mardi par Franky Bostyn, directeur général adjoint du War Heritage Institute à l’origine du projet, il s’agit par là même de s’inscrire dans le cadre de la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. "Ce projet a pour objectif d’inventorier, de marquer et de se souvenir des soldats belges tombés au combat et rapatriés des champs de bataille vers des cimetières civils". Lequel projet ambitieux initié récemment est tout sauf une chose aisée.

6 000 tombes dites oubliées dont 600 à Liège

En effet, les autorités militaires ont chiffré à environ 9 000 le nombre de ces soldats belges rapatriés à l’issue des hostilités à la demande de leurs familles. Et parmi ces derniers, il en reste 6 000 dont les tombes, qualifiés d’oubliées, existent encore aujourd’hui, les autres ayant disparu au fil du temps par défaut d’entretien ou en raison d’une concession non renouvelée. Ces dernières ont donc été inventoriées par le War Heritage Institute via un site Web et un appel a été lancé aux autorités communales, lesquelles peuvent commander gratuitement des plaques commémoratives afin de les placer sur les tombes de soldats rapatriés.

Après Bruxelles, c’était au tour de Liège d’être concernée par cette opération. Devant un parterre de représentants des associations patriotiques et de 400 à 500 jeunes issus des écoles communales qui avaient été sensibilisés à cette dernière, le bourgmestre Willy Demeyer (PS) a évoqué "un travail difficile mais essentiel" afin de faire sortir ces victimes de l’oubli et de "redonner vie à ces héros oubliés". Lesquels seraient au nombre de 500 à 600 dans les cimetières liégeois de Robermont et de Sainte-Walburge. De son côté, la représentante du gouverneur provincial l’importance d’une telle cérémonie du souvenir et le caractère indispensable du devoir de mémoire. "Le but est de permettre à chacun de s’accaparer la mémoire", a quant à lui souligné Michel Jaupart, directeur général du War Heritage Institute. Et ce dernier de faire ainsi référence à la possibilité d’un parrainage par des communes, des écoles ou encore des particuliers. En outre, cette opération est inscrite dans un triptyque qui verra aussi la réinhumation en juillet à La Panne de quatre soldats belges morts au combat et l’inauguration en septembre à Bruxelles d’une exposition relative à l’après-Grande Guerre.Bruno Boutsen