Gazette de Liége Une église et une rue lui ont été dédiées dans la ville. Chronique.

À la Sainte-Catherine, tout bois reprend racine. Le dicton est bien connu et qui plus est, il se vérifie dans la plupart des cas. Or la Sainte-Catherine, c’était hier, 25 novembre. C’est une sainte très populaire à Liège, une rue porte son nom, une église lui est dédiée dans l’ancienne rue Neuvice et, au Moyen Âge, la célébration de la Sainte-Catherine était une fête obligatoire.

Au XIIe ou XIIIe siècle, l’église Sainte-Catherine était un petit sanctuaire qui se trouvait au pied de l’ancien pont des Arches. Un édifice dont seul l’étage était affecté au culte. Au XIVe siècle, une nouvelle église fut construite non loin de la première mais cette fois dans la rue Neuvice. À la fin du XVIIe siècle, le bombardement de Liège par les Français du maréchal de Boufflers endommagea sérieusement l’église qui fut reconstruite au début du XVIIIe.

Les Catherinettes

Il existe plusieurs saintes Catherine, celle-ci est sainte Catherine d’Alexandrie qui vivait au IIIe siècle. Elle est la patronne des filles célibataires. Cela parce que, fervente chrétienne, elle refusa d’épouser l’empereur Maxence, persécuteur des chrétiens. Condamnée à être rouée, la roue se brisa, elle fut alors décapitée.

L’expression "coiffer sainte Catherine" qui signifie ne pas être mariée l’année de ses 25 ans, relève d’une tradition qui remonte au XVIe siècle. À cette époque, dans les églises, on habillait et coiffait la statue de certains saints. Celle de sainte Catherine l’était toujours par des jeunes filles célibataires au-delà de 25 ans. D’où l’expression "coiffer sainte Catherine".

Cette tradition en engendra une autre qui apparut plus tard dans les maisons de couture et les magasins de mode. Le jour de la Sainte-Catherine, on confectionnait des chapeaux extravagants pour les "Catherinettes". Au début du XXe siècle, une chanson très populaire disait : "Sainte Catherine, sainte Catherine, aide-moi. Et promets-moi de ne pas me laisser mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon mari si possible sainte Catherine, mais plutôt un que pas du tout."

La rue Sainte-Catherine bien que très proche de l’église, n’appartenait pas à la paroisse. Le côté droit de la rue relevait de la paroisse de la Madeleine et le côté gauche était occupé par un cimetière aujourd’hui disparu.

Jusqu’en 1863, cette rue portait le nom de rue Derrière-Sainte-Catherine puisqu’elle se situe exactement derrière l’église en reliant la rue du Stallon à la rue Léopold. Elle était très étroite et pourtant la circulation y était très importante. Les conducteurs des charrettes devaient être extrêmement prudents pour ne pas heurter l’un ou l’autre bâtiment.