Gazette de Liége Entretien

Le retour du tram à Liège, le réaménagement du quartier des Guillemins ou encore le Pum : autant de dossiers importants au sujet desquels l’ASBL urbAgora a un avis et le fait savoir. Il faut dire que la mécanique de ce groupe de pression citoyen est bien huilée et qu’elle a à sa tête un président médiatisé - et politisé diront certains -, à savoir François Schreuer. Tour d’horizon avec ce dernier - et le porte-parole d’urbAgora - des dossiers qui fâchent.

1 Plan urbain de mobilité (Pum). pour urbAgora, "il est plus que temps que le Pum soit publié" par le ministre Henry. Et son président de poursuivre : "Il faut arrêter comme on le fait de faire croire que le Pum est le clou du cercueil des anti-liaison CHB". En effet, selon lui, "on a demandé dès le départ aux auteurs de l’étude de considérer CHB comme un fait acquis et on leur a interdit d’examiner des scénarios alternatifs". Pour François Schreuer, "il est inepte de soutenir que le Pum prouverait la pertinence de CHB". Comment expliquer la relative lenteur du ministre Henry à sortir sur le sujet ? "Le Pum prône un réseau de tram qui ressemble beaucoup plus à ce que défend urbAgora qu’à la vision portée par le gouvernement. Sortir le Pum, c’est se désavouer sur le tram !". Concernant la liaison CHB, ce dernier affirme que "les études montrent clairement que CHB n’apporte pas de solution aux problèmes principaux de la mobilité à Liège". "Les problèmes de mobilité sont complexes, on ne les résout pas uniquement par CHB ou par un autre artifice". A ce sujet, le président d’urbAgora insiste également sur la nécessité de trouver une solution pour les riverains.

2 Retour du tram. Sans refaire le procès qu’il avait fait à l’époque au ministre Henry (cf. LLB-Gazette, 9/6), François Schreuer évoque néanmoins "un problème collectif de gouvernance concernant ce dossier". "Je constate qu’il n’y a toujours pas de véritable pilote du tram à Liège", affirme-t-il ainsi. Et de poursuivre : "Certains font un usage spectaculaire du dossier mais la préoccupation devrait être non pas le bling-bling mais bien la qualité". Et de faire référence, outre à l’échéance de 2017 et d’une hypothétique Expo internationale jugée "paralysante", à la façon "effarante" dont est, selon lui, composé le comité de pilotage du tram, à savoir de la SRWT et de ministres liégeois. "Mais la SNCB n’en est toujours pas".

3 Réaménagement des Guillemins. La position d’urbAgora varie suivant les différents projets envisagés. Ainsi, un bon point est donné au projet d’aménagement des quais de Meuse qui témoigne, selon son président, "d’une évolution des mentalités". L’avis est également positif concernant le projet de passerelle enjambant la Meuse, et ce même si "on est actuellement au stade de l’avant-projet et des modifications doivent encore être apportées". Par contre, l’avis de l’ASBL est tout autre au sujet du projet de tour des Finances qui est, selon son président, "bien parti pour empoisonner la politique communale pendant des années". "Tout le monde a à y perdre, à commencer par les riverains mais aussi Fedimmo (NDLR : le promoteur) qui risque bien de se faire souffler le marché par la SNCB et son projet de la rue du Plan incliné". Et de redire la pertinence qu’il y a, selon lui, à construire des bureaux à cet endroit plutôt que sur la future esplanade, qui devrait, à l’entendre, faire la part belle à la création de logements.