Gazette de Liége

Un non massif au projet de tracé définitif de la première ligne du futur tram liégeois : tel est en substance le message que font passer depuis plusieurs semaines un certain nombre de représentants de la société civile, sans oublier certains politiques - même si de leur côté, le silence est désormais généralement de mise sur ce dossier -, au premier rang desquels François Schreuer et "son" ASBL urbAgora. Récemment encore (voir notre édition du 5/11), la "Gazette de Liége" faisait écho à la contribution chiffrée de cette ASBL citoyenne pour qui le tracé du tram tel qu’envisagé par le ministre Philippe Henry (Ecolo), en charge de la Mobilité au niveau wallon, et par son administration (la SRWT) ne desservirait pas assez de logements.

Ce projet importantissime pour la région liégeoise, par ailleurs dossier emblématique de la participation des Verts à l’exécutif wallon, devait être entériné lors de la réunion du gouvernement de ce jeudi à Namur. Mais ainsi que nous l’a confirmé le porte-parole du ministre Henry, cela ne fut pas le cas et la décision attendue du gouvernement wallon dans ce dossier a, comme d’autres points à l’ordre du jour, a été reportée à la semaine prochaine. Histoire de peut-être revoir quelque peu sa copie et d’intégrer observations et/ou modifications au tracé que la SRWT, sur base des études techniques, a défini dans ses grandes options - certaines restant toutefois encore à définir - et que le comité exécutif chargé de piloter le retour du tram au sein de l’agglomération a récemment validé, non sans mal ? L’avenir proche le dira mais ce qui est sûr, c’est que du côté des opposants, de plus en plus nombreux, au projet, la pression ne faiblit pas.

Ainsi, outre divers appels lancés récemment en faveur d’un report de la décision gouvernementale - désormais acquis - et d’une nécessaire concertation publique sur ce dossier - qui n’a pas encore réellement eu lieu mais que le cabinet Henry promet -, des éléments interpellants voire troublants nous sont parvenus ces derniers jours. Il en est ainsi entre autres de cette étude comparative des modes de transport structurants réalisée en 2008 par la SRWT à la demande du ministre Antoine, alors en charge de la Mobilité, et dont nous publions ci-contre la planche la plus instructive. Celle-ci, ayant trait aux comptages des flux potentiels de voyageurs, nous apprend que c’est bel et bien le tronçon Sclessin-Coronmeuse qui a le plus haut potentiel en la matière avec de 15000 à plus de 30000 usagers par jour selon les secteurs envisagés.

Cette analyse tend donc à corroborer les dires de l’ASBL urbAgora - et d’autres intervenants comme l’ingénieur liégeois Pierre Arnould - sur ce point ainsi qu’en ce qui concerne le haut potentiel qu’ont tant l’axe Hocheporte-Fontainebleau-Ans plateau que, dans une moindre mesure, les quartiers d’Outremeuse, de Bressoux et d’Amercœur. Enfin, il semble également qu’elle disqualifie, du point de vue des flux de voyageurs, les options Tilleur-Jemeppe et Herstal-place Jean Jaurès - pour rappel, la première ligne, dite de fond de vallée, doit relier Jemeppe à Herstal - de même d’ailleurs qu’un passage du tram dans les quartiers du Longdoz, de Grivegnée et de Chênée.

Soit, pour rappel encore, précisément là où est prévu le terminus de la "transurbaine", soit la deuxième ligne du tram liégeois, étudiée par le Gré-Liège et qui doit prendre son départ d’Ans. Et d’autres intervenants de faire remarquer l’absence de desserte pour le Sart Tilman, son université et son centre hospitalier, une mission qui devait être remplie par les bus à haut niveau de service annoncés par le ministre Henry. Mais à cet égard, on ne voit pour ainsi dire rien venir...