Gazette de Liége

«Nous nous opposons à la plate-forme car on s'est moqué de nous». Cette phrase sortie de la bouche de Marcel Moulin, le président du comité de village, résume bien le sentiment des riverains de la future plate-forme multimodale. «Nous avons été reçus à de nombreuses reprises par les autorités régionales et la direction du Port autonome de Liège (Pal), mais quand on voit le projet qui a été présenté en vue d'obtenir le permis d'urbanisme, on s'aperçoit que nos remarques n'ont pas été prises en compte», s'indigne le président.

Impossible de reproduire ici l'ensemble des remarques faites par les riverains, puisqu'elles s'étalent sur cinquante pages. Mais outre la pollution présumée d'une partie des terrains, le principal problème à leurs yeux est l'accès à la plate-forme: les plans actuels ne prévoient qu'une seule sortie par la rue d'Argenteau, un «chemin de village», disent les riverains.

Le problème est d'autant plus aigu que des promesses avaient été faites par les autorités: « On nous avait parlé d'un pont, mais je crois aujourd'hui que c'était de la poudre aux yeux car les plans n'en disent pas un mot. Nous avons aussi fait des propositions car nous voulons bien d'un projet créateur d'emplois et de la plate-forme, mais elles ont toutes été refusées. Bref, pour nous, c'est une déclaration de guerre car 1700 camions passeraient tous les jours sous nos fenêtres avec toutes les conséquences qu'on imagine pour notre santé et celle de nos enfants, ainsi que pour la sécurité. Et si on veut employer cette voie d'accès, il faudra d'abord nous passer sur le corps », poursuit Marcel Moulin.

Vers une solution ?

Pour Emile-Louis Bertrand, directeur du Port autonome de Liège (Pal), «

il y a eu un problème de communication car au niveau des voiries, il est aussi inconcevable pour nous que les accès existants servent au-delà de la seule période de travaux». Le directeur du Pal parle aussi très clairement d'un pont « qui arriverait directement sur la plate-forme et qui pourrait être construit avant 2009». Nous avons tenté d'obtenir une confirmation auprès du ministre de l'Équipement, Michel Daerden (PS), mais en vain.

De son côté, le bourgmestre CDH d'Oupeye, Guy Goessens, a expliqué que la procédure allait à présent suivre son cours, mais que le permis a très peu de chance d'être octroyé : « Le collège doit s'exprimer, mais avant cela, le conseil communal aura aussi son mot à dire puisqu'une modification des voiries est proposée. Si l'avis est négatif, le dossier retournera directement auprès de l'auteur du projet, c'est-à-dire le Ministère de l'équipement et des transports (Met). C'est de loin l'option la plus probable car le dossier est mal ficelé. Il y a deux ans, le conseil avait refusé que l'accès à la plate-forme se fasse par les routes existantes et il n'y a pas de raison que ça change».

© La Libre Belgique 2006