Gazette de Liége Nadège a été percutée par Jérôme, qui avait bu plus que de raison et consommé des stupéfiants.

Le tribunal de police de Liège a examiné un dossier à charge de Jérôme, 31 ans, qui doit répondre de la responsabilité d’un accident qui a coûté la vie à Nadège, 23 ans.

Les faits se sont produits dans la nuit du 21 février 2015, dans la rue de Tavier à Seraing. La jeune femme attendait le bus lorsqu’elle a été fauchée par le véhicule de Jérôme. Il était environ minuit et Nadège devait se rendre chez son petit ami. Jérôme avait 1,29 gramme d’alcool dans le sang, il était au double du taux autorisé par la loi. Il avait également des traces de marijuana dans le sang.

Cette nuit-là, il pleuvait. Le jeune homme roulait à une vitesse estimée entre 65 et 70 km/h alors que la vitesse était limitée à 50 km/h.

Selon le parquet, les causes sont à chercher dans la vitesse inadaptée et le fait que le prévenu était sous l’effet de l’alcool et du cannabis.

"Je suis allé à un concert et j’avais bu quelques verres de bière, a déclaré le prévenu. Je suis allé rejoindre des amis et j’ai rebu une bière. Sur le chemin, j’ai voulu aller me chercher un coca, et à ce moment, j’ai heurté une jeune fille."

D’après ses explications, Jérôme n’a pas vu l’accident. "J’ai perdu le contrôle de la voiture et comme j’ai vu que j’allais prendre le mur, je me suis protégé, je n’ai pas vu l’impact."

Depuis les faits, Jérôme, qui avait déjà eu un accident alors qu’il avait bu, n’aurait plus conduit de véhicule et plus bu d’alcool. "J’ai été choqué de cet accident. J’ai causé un accident mortel, ce n’est pas n’importe quoi. J’ai préféré arrêter la voiture. Je ne bois plus. J’ai fait une erreur. Je m’en rends bien compte."

Après le drame, un témoin a déclaré que le conducteur était perdu. Il serait sorti de sa voiture et aurait appelé les secours, mais sans réussir à prononcer un mot. C’est le chauffeur du bus qui aurait dû charger Nadège qui a fait appel aux secours.

Les parties civiles ont dressé le portrait de Nadège. C’était une jeune fille qui se destinait à devenir psychologue. "Elle voulait aller en Afrique pour aider les autres", a expliqué Sandra Berbutto, l’avocate de la maman de Nadège.

Le parquet a requis une peine de trois ans de prison et une amende de 6.000 euros, le tout avec sursis probatoire. Me Reynders, à la défense, a estimé que l’alcoolémie n’était pas en lien avec l’accident. Il a plaidé des peines de travail ou un sursis probatoire. Décision le 20 février prochain.


La famille choquée par le réquisitoire

Lors de l’audience, des membres de la famille de Nadège ont quitté la salle d’audience pendant le réquisitoire. Ils ont été choqués par les peines requises par le parquet. "Nous ne sommes pas face à un accident banal, explique le papa de Nadège. Il savait qu’il avait bu. Il y avait huit canettes de bière vides dans sa voiture. Il a bu et consommé des stupéfiants."

L’homme garde l’image de sa fille lors du drame. "Je dois survivre jusqu’à la fin de ma vie avec cette image. Je n’en dors plus. Je fais des cauchemars toutes les nuits." Le papa de Nadège ne supporte pas le fait que le prévenu ait déjà eu un accident alors qu’il avait bu. "Il a eu une seconde chance après son premier accident, c’est ce qui a coûté la vie à ma fille. C’est criminel de monter sur un trottoir."

Le père de famille a évoqué sa volonté de créer une ASBL au nom de sa fille pour les personnes victimes de tels faits. "Je ne vis plus, je ne survis que pour cela. Je suis fier d’avoir été et d’être son père."

Le parrain de Nadège est très marqué. "La vie de Nadège a été brisée comme celle de toute sa famille. Vous, la justice, que faites-vous pour nous protéger ? Combien de parents vont encore vivre ce type de drame ? Nous ne sommes pas protégés." L’homme s’est adressé directement au tribunal. "Faites en sorte que d’autres vies ne soient pas sacrifiées. Ils savent que même si la police les arrête, la justice ne fera rien derrière. Faites en sorte que cela n’arrive plus !"