Gazette de Liége

Au lendemain de la fusillade qui a une nouvelle fois endeuillé le centre-ville de Liège, après la tuerie commise le 13 décembre 2011 par Nordine Amrani sur la place Saint-Lambert, le choc cédait doucement la place à l’émotion. Laquelle allait parfois de pair, parmi l’importante foule d’anonymes et d’officiels (dont le Premier ministre Charles Michel et les ministres fédéraux Jan Jambon et Daniel Bacquelaine ainsi que le ministre-Président wallon Willy Borsus) présents afin de rendre hommage aux trois victimes tombées, avec une légitime indignation quant à cette violence aveugle qui a encore frappé ce mardi matin le cœur de la Cité ardente.

Outre les différents hommages, lesquels se sont déroulés à Liège mais aussi ailleurs et ont consisté en une minute de silence ou en l’ouverture d’un registre de condoléances, le temps était également à la reconstruction en ce jour d’après le drame. Ainsi donc, dès la survenance des événements, les psychologues et assistants sociaux de la Province, dont les locaux sont situés rue Beeckman à l’arrière de l’athénée Léonie de Waha qui a été au cœur des faits puisque le tueur s’y est retranché, se sont concertés avec la Ville et la police. Rapidement, comme expliqué par Jérôme Gherroucha, le responsable du service provincial Openado lancé en 2010 et actif dans l’accompagnement des enfants et adolescents, la volonté a été d’apporter un appui psychologique aux personnes touchées par cette tragédie.

Une cellule d’accueil d’urgence

Une cellule d’accueil d’urgence a été mise sur pied par les partenaires concernés auxquels il faut ajouter les centres PMS et l’université de Liège. Si la coordination opérationnelle est assurée par cette dernière (le service dirigé par Adélaïde Blavier et spécialisé dans le suivi post-traumatique), une centralisation de l’aide individuelle est organisée. Selon Jérôme Gherroucha, c’est "un véritable plan de bataille psychologique" qui a été mis en place. Après avoir dû parer au plus pressé, cinq services ayant été sur le pont ce mardi matin afin de prendre en charge les professeurs et les élèves, une permanence, laquelle se poursuivra plusieurs jours, a été installée rue Beeckman. "Il s’agit d’une cellule d’accueil et d’écoute accessible en journée sans rendez-vous et permettant aux jeunes, parents et enseignants de s’exprimer", explique le responsable d’Openado, la cellule étant composée d’une vingtaine de personnes. Sur sa recommandation et après une réunion de débriefing qui s’est déroulée ce mercredi, il a été décidé que l’athénée Léonie de Waha rouvre ses portes ce jeudi, mais les cours n’y seront toutefois pas dispensés avant lundi.