Gazette de Liége

L’aménagement du quartier des Guillemins ne cesse de faire parler de lui. Hier soir, l’ultime Conseil communal de la législature avait à son ordre du jour l’adoption de la convention conclue avec l’intercommunale Ecetia et visant une mission de coordination des opérations immobilières résultant des expropriations à mener. "L’idée est de faire d’Ecetia un bras armé de la Ville comme ce fut le cas avec la SDLG", indique le Premier échevin Michel Firket (CDH), lequel rappelle en outre que la Ville a budgété six millions d’euros à cette fin.

Rien de neuf à signaler sur le front des expropriations, mais ce n’est pas le cas concernant la future tour des Finances, pour laquelle un permis fut accordé par le ministre Philippe Henry (Ecolo) au début de l’année. Dans la foulée de cette décision qui fit abondamment jaser, un groupe de huit riverains ainsi que la SNCB-Holding décidaient de se pourvoir en justice. Intentés devant le Conseil d’Etat, ces recours ont connu une issue différente puisque si ce dernier vient de rejeter celui, en suspension, émanant de la SNCB, il a acté le désistement des riverains. Ceux-ci, emmenés à l’époque par Bernard Regout, avaient en effet accepté, au creux de l’été, la proposition d’indemnisation qui leur avait été faite par la société Fedimmo elle-même. Bien entendu, tant le "leader" des riverains que Fedimmo ne nous en disent pas plus sur les montants en question mais reste que ce désistement pose tout de même question.

Si Fedimmo, qui a pu relancer les travaux de la tour, laquelle doit être sur pied fin 2014, évoque "une situation de win-win", et Bernard Regout "une affaire privée", d’autres sont plus amers. Il en est ainsi de la députée régionale Veronica Cremasco (Ecolo), opposée de longue date à une tour jugée "non écologique". "Cela discrédite l’action entreprise et les riverains ont une responsabilité à cet égard", estime cette dernière, pour qui "cela discrédite aussi le projet de Fedimmo". Même son de cloche du côté du président du comité de quartier Fragnée-Blonden, Gérard Debraz : "Certains riverains se sont sentis cocufiés dans cette histoire".

"Nous étions isolés et n’étions pas sûrs de gagner", se défend Bernard Regout, pour qui "le comité et les élus se sont tous couchés devant ce projet de tour". Il faudra désormais tenir compte du recours en annulation de la SNCB qui est toujours pendant. Et à cet égard, si les uns et les autres se refusent à jouer à Madame Soleil, ils conviennent que même si l’annulation est prononcée - ce à quoi la SNCB croit dur comme fer (voir LLB-Gazette de Liége du 25/10) mais un délai de trois ans est évoqué avant la décision -, cela n’empêchera pas l’érection de la tour. Reste à savoir si un accord SNCB-Fedimmo sera ou non trouvé d’ici là

Autre sujet qui fâche : les travaux en cours sur la future esplanade située devant la gare. A cet égard, Veronica Cremasco épingle "l’outil beaucoup trop flou" constitué selon elle par le périmètre de remembrement urbain (PRU) du quartier des Guillemins. Elle regrette en outre "un plan d’aménagement aux antipodes de ce qui était souhaitable". De leur côté, tant Gérard Debraz que François Schreuer (urbAgora) font référence à l’incertitude liée au passage du tram. "Il devrait traverser l’esplanade en diagonale, ce qui va la cochonner", juge Gérard Debraz, tandis que François Schreuer estime quant à lui que "le quartier va être coupé en deux". Pour l’échevin Firket, le passage du tram est bel et bien prévu et l’hypothèse d’une "coulée verte" à partir des quais de Meuse vers la gare des Guillemins n’est pas exclue.