Gazette de Liége

Bien sûr, c’est dans les rangs de l’opposition au gouvernement wallon qu’on est le plus disert face au blocage survenu à propos du tram. Le MR, qui appelait mercredi les ministres à surseoir à la décision, s’est trouvé en un sens conforté jeudi. Pas de quoi pavoiser pour autant: "Il y a très clairement trop d’inconnues en ce qui concerne le tracé, le nombre d’usagers desservis et aussi en termes financiers, nous dit la conseillère communale Diana Nikolic. Mais le ministre Antoine arrive comme les carabiniers d’Offenbach. En tout et pour tout, nous avons eu une seule réunion d’information l’an dernier". Et de se demander, comme la conseillère et sénatrice libérale Christine Defraigne, interrogée par Belga, si le ministre Antoine ne cherche pas à utiliser le dossier du tram comme monnaie d’échange pour avoir le centre sportif de haut niveau à Louvain-la-Neuve.

Du côté d’Ecolo, c’est d’abord la déception qu’on exprime. "J’aurais pu comprendre qu’il y ait débat sur le tracé, mais pas sur le financement, déjà acquis depuis longtemps, soupire Bénédicte Heindrichs, chef de groupe des verts au Conseil communal. A quel jeu joue le CDH, pourtant en majorité à Liège ? Ce report est dommageable pour tout le monde..."

Du côté des bourgmestres concernés de Liège, Herstal et Seraing, Willy Demeyer (PS) ne voit pas péril en la demeure: "Le gouvernement est tombé d’accord sur des fragments du projet. On peut comprendre le report de la décision définitive vu qu’il s’agit de discuter sur des sommes très importantes". Frédéric Daerden (PS) appelle pour sa part "les forces vives" à se mobiliser et réaffirmer "la nécessité de ce projet important". Alain Mathot (PS) s’en tient au no comment.

Toujours surabondant dans la communication, urbAgora a pris de son côté le parti de positiver. Revenu réfrigéré, mercredi, d’une rencontre avec le ministre Henry qui tenait alors la décision pour acquise, le collectif citoyen urbaniste voit dans le report pour raisons budgétaires "une opportunité supplémentaire d’apporter des améliorations". Pour François Schreuer et ses amis, il faut substituer un financement public au partenariat public-privé et scinder le projet en deux parties : dans le court terme (avant 2017), le tronçon Val Benoît - Coronmeuse (incluant la ligne vers le dépôt de Bressoux); ultérieurement, pour la prochaine législature, la suite de l’investissement. Tout le monde n’est donc pas triste.