Un important vaccin produit à Liège

F.C. Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

Après plus de 20 ans de recherches internationales, un vaccin contre la bilharziose a été mis au point par les chercheurs de l’Inserm (Institut national français de la santé et de la recherche médicale) et de l’Institut Pasteur de Lille. Et le Bilhvax - c’est le nom du vaccin - est et sera (plus que probablement) produit par Eurogentec, la société de biotechnologie située dans le Liège Science Park au Sart Tilman. Plus précisément, le Bilhvax est entré dans la phase III de son développement, c’est-à-dire la phase relative aux essais cliniques destinés à tester son efficacité.

Au fait, qu’est-ce que la bilharziose ? Il s’agit, après le paludisme, de la maladie parasitaire la plus importante dans les pays en développement de l’hémisphère sud. Et elle frappe tout particulièrement les enfants. Le parasite en question, qui prend la forme d’un ver, infecte de façon chronique plus de 200 millions de personnes dans près de 80 pays du monde (en Afrique subsaharienne essentiellement, mais aussi en Asie et en Amérique du Sud). Et les ravages qu’il cause sont terribles : 300000 morts par an.

La larve de ce ver meurtrier est transmise au travers de la peau par de petits escargots aquatiques. Une fois passés dans le système sanguin, les vers s’accouplent et produisent des œufs en quantité importante, provoquant ainsi des réactions inflammatoires qui peuvent entraîner une destruction des reins, divers cancers, de l’anémie ou encore une stérilité définitive.

"Pour combattre la bilharziose, il existe déjà un médicament chimique qui marche bien mais qui ne tue pas les œufs, précise le professeur Joseph Martial, président d’Eurogentec. L’idée est d’utiliser une protéine du parasite comme vaccin. De plus, ce vaccin peut aussi avoir un effet après l’infection, de manière thérapeutique. Actuellement, on le teste sur l’être humain au Sénégal, sur 250 enfants infectés en l’occurrence".

Pas d’effets secondaires sur les enfants

Bien entendu, la question des effets secondaires du Bilhvax a fait l’objet de nombreuses études lors des phases I et II de son élaboration. Selon le docteur Gilles Riveau, coordinateur du projet "Bilhvax" au sein de l’Inserm, "il n’y a quasiment aucun effet secondaire sur les enfants infectés. On peut même dire avec certitude qu’il n’y a aucun effet secondaire. Mais nous sommes entrés dans une étape de sécurité : les enfants seront très suivis à ce niveau".

Par ailleurs, le vaccin sera classé au niveau européen parmi les médicaments dits "orphelins", c’est-à-dire ceux dont les frais de développement sont susceptibles de ne pas être recouverts par les seules ventes du produit. À terme, le vaccin devrait être acheté et diffusé par l’OMS et l’UNESCO.

Enfin, sachez que la Région wallonne a octroyé 300000 euros afin de mener à bien la phase III. Le budget total de cette seule étape est de 10 millions d’euros, un coût qui s’est avéré beaucoup moins élevé que prévu. En effet, pour l’anecdote, la "Bill&Melinda Gates Foundation" l’avait estimé à 50 millions de dollars. Mais c’est la force des Européens, nous dit-on, de faire avancer la recherche avec très peu d’argent

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