Gazette de Liége

Le moins que l’on puisse écrire est que le projet n’est pas neuf, mais il refait surface avec une certaine acuité : il consiste en la création d’un téléphérique destiné à relier le centre-ville de Liège à la Citadelle. Relancé par l’ASBL urbAgora en 2008 et censé s’inscrire dans le contexte global tant du retour prévu du tram que de la perspective d’une Exposition internationale en 2017, ce projet semble trouver un écho favorable.

Ce lundi, l’ASBL citoyenne urbAgora était invitée par le Centre hospitalier régional (CHR) de la Citadelle à faire le point sur le sujet. Un CHR de la Citadelle dont les responsables, sa présidente Marie-Claire Lambert, par ailleurs conseillère communale (PS), en tête, soutiennent le projet remis sur le métier il y a peu par le collectif liégeois. Selon cette dernière, celui-ci s’inscrit d’ailleurs dans la réflexion entamée par l’intercommunale et relative à la mobilité et à l’accessibilité d’un site dont tous conviennent qu’il est engorgé.

"La fréquentation de l’hôpital suscite le vertige des chiffres, explique Marie-Claire Lambert. En une année, ce sont plus de 35000 hospitalisations dont 22000 de jour, 417000 passages en polyclinique et en services médico-techniques, 83000 urgences accueillies par 3300 personnes". Sur le plan de la mobilité, qui est celui qui nous occupe, la Citadelle voit transiter quelque 7000 personnes par jour ouvrable moyen.

Ces données et d’autres, issues de l’étude Transitec réalisée en 2005, ont servi de base au CHR de la Citadelle dans la mise en place d’un effort en termes de mobilité et d’accessibilité que son directeur des projets, Luc Tonon, chiffre à environ 100000 euros. "Depuis plusieurs années, notre volonté est clairement de favoriser le transport en commun", souligne ce dernier, évoquant plusieurs initiatives récentes et pour qui le projet d’installation d’un téléphérique va dans ce sens.

Car que l’on ne s’y trompe pas : ce projet, cher à urbAgora et qui peut aussi compter, selon Marie-Claire Lambert, sur le soutien tant de la Ville que de la Province, n’a pas, loin s’en faut, qu’une vocation touristique. Il s’agit en effet, selon François Schreuer, président de l’ASBL, d’un "véritable outil de mobilité urbaine" à penser en lien avec le redéploiement du transport public à Liège et alentours. A savoir essentiellement en liaison avec le futur tram et le "réseau express liégeois".

Pour urbAgora, l’enjeu essentiel consiste aussi, outre bien entendu le désengorgement souhaité de la Citadelle, à créer "un pôle multimodal", si possible autour de la place Vivegnis. La place des Déportés est également évoquée afin de localiser la gare aval mais elle semble, selon urbAgora, "s’imposer sur la place Vivegnis", où la réouverture d’un point d’arrêt SNCB est souhaitée. A noter que cette localisation impliquerait aussi une modification du tracé actuel du futur tram

Pour l’ASBL citoyenne comme pour le Centre hospitalier, les autres objectifs poursuivis par ce projet de téléphérique, jugé moins coûteux que celui d’un funiculaire un temps envisagé, sont de favoriser la mobilité cycliste, de contribuer à l’attrait touristique de la ville et d’alléger la pression automobile. Et François Schreuer, qui appelle comme Marie-Claire Lambert la Région à entreprendre une étude de faisabilité, de mettre en avant divers exemples de téléphériques urbains dont celui de Portland, mis en service en 2007 et dont le débit est de 1000 passagers par heure par sens.

Mais Liège n’est pas Portland, diront certains, et il faut encore compter avec un coût estimé au minimum entre 10 et 15 millions d’euros.