Gazette de Liége Un projet pilote a démarré début septembre dans une école primaire ordinaire.

Depuis le 1er septembre, sept enfants atteints d’autisme, âgés entre 8 et 12 ans, participent à la vie communautaire (récréation, repas de midi…) de la section fondamentale de l’Athénée Royal Verdi située rue Jean Kurtz à Mangombroux (Verviers). Ceux-ci partagent également de multiples activités pédagogiques (artistiques, musicales, découvertes nature…) avec les élèves (de la troisième à la sixième année) de l’école ordinaire. "Un système de parrainage a aussi été mis en place afin que des élèves de cinquième et sixième primaires parrainent un enfant autiste et l’accompagnent pendant ces heures communautaires", explique Pierre Bray, directeur de l’école primaire. En fonction de la capacité de chaque élève autiste, ce dernier peut également suivre des cours dans l’enseignement ordinaire que ce soit en maths, français ou sciences. "Mais tout ça se fait en ayant au préalable préparé l’enfant. On essaie d’utiliser les points forts de chaque enfant pour qu’il soit là où il sera le plus compétent. Le reste du temps, il reste dans la classe spécialisée", précise-t-il.

Depuis le début de l’année scolaire, une classe inclusive est aménagée dans les locaux de l’établissement ordinaire verviétois. Un projet pilote né d’un partenariat avec l’école spécialisée de la Court’Echelle à Andrimont qui vise à intégrer des enfants autistes à l’enseignement classique afin de répondre à des besoins spécifiques en termes de socialisation ou d’acquisition de codes sociaux, tout en continuant à leur offrir des apprentissages individualisés.

Après un mois d’immersion, les bénéfices sont déjà bien visibles selon le directeur : "On est plus que satisfaits. Les enfants autistes aux visages habituellement fermés viennent avec le sourire et les activités ensemble sont enrichissantes pour tout le monde". Et de souligner : "On fera le bilan en fin de période et l’on verra vers quoi s’orienter par la suite". En attendant, pour le directeur convaincu de l’expérience, "ce projet permet de valoriser l’enfant autiste, le sortir de ses habitudes et de le confronter à un autre type d’enseignement". Du côté de l’enseignement ordinaire, "le projet favorise l’ouverture face à la différence et valorise l’entraide".

Etendre le projet dans d’autres écoles

Vendredi, l’Athénée Royal Verdi a reçu la visite de la ministre Marie-Martine Schyns qui a montré son soutien envers ce premier projet pilote de classe inclusive dans l’arrondissement verviétois. "L’année dernière, avec la collaboration de CAP 48, nous avons pu débloquer des budgets pour que huit nouvelles classes inclusives, tous réseaux confondus, voient le jour en Fédération Wallonie-Bruxelles", affirme la ministre. Outre les bienfaits pour les enfants touchés par une pathologie, "tant l’enseignement ordinaire que spécialisé ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre en termes de méthodes, etc."

En province de Liège, l’école fondamentale ordinaire Mater Dei à Banneux accueille depuis 2001 une classe d’enfants trisomiques. Le 22 novembre 2016, une nouvelle classe inclusive a été inaugurée à Seraing, cette fois, dans l’enseignement de promotion sociale pour des personnes porteuses d’un handicap visuel ou physique. Reste selon la ministre à voir comment pérenniser ce genre de projets et les développer à l’ensemble de la Fédération.