Gazette de Liége

Plus personne ne l’ignore, c’est vendredi prochain, après quasi dix ans d’un chantier matamoresque, que sera inaugurée la nouvelle gare des Guillemins, imaginée par l’architecte de renom Santiago Calatrava. Une inauguration voulue en grande pompe par la SNCB, maître d’œuvre via sa filiale Euro Liège TGV de ce qui constitue sans aucun doute un fameux geste architectural dont l’impact sur son environnement est évident.

Ainsi que n’a pas manqué de le souligner l’opposition lors du dernier conseil communal, la gare sera inaugurée devant un espace public certes plantureux mais qui ressemble plus à un chancre urbain qu’à un véritable espace urbanistique digne de ce nom et de la nouvelle gare. Interpellés par divers conseillers au sujet du "retard" dans la mise en œuvre de l’aménagement du quartier, le bourgmestre liégeois Willy Demeyer (PS) et son premier échevin Michel Firket (CDH), en charge notamment de l’Urbanisme, ont vu rouge.

Selon les autorités communales, il ne peut en effet être question de lenteur ou de manque de prospective tant la Ville "n’a pas failli et n’a pas perdu de temps" en la matière. Mieux : aux dires de l’échevin Firket, elle a entamé "de longue date" une réflexion sur le devenir du quartier. En outre, la Ville soutient dur comme fer qu’"il a fallu attendre la fin du chantier de la gare avant de pouvoir débuter les travaux concernant les abords de celle-ci".

Pour le reste, les autorités communales disent "merci" à la SNCB pour ce "cadeau" fait à Liège, tout en épinglant ce que Michel Firket appelle "un manque de loyauté". De déclarations incendiaires en piques envoyées par voie de presse, les relations entre les deux partenaires sont en effet loin d’être au beau fixe. Et même si les sourires seront évidemment de mise lors de l’évènement inaugural, ces derniers seront néanmoins condamnés à se revoir et à s’entendre.

En effet, il est prévu que Ville et SNCB se retrouvent au sein de la nouvelle société de développement de Liège Guillemins, à laquelle le conseil communal a entériné l’adhésion de la Ville, qui sera chargée de la mise en œuvre - enfin diront certains - du sacro-saint périmètre de remembrement urbain du quartier. Un périmètre encore évolutif - même si la Ville a récemment fermé la porte à de nouvelles expropriations, contrairement à ce qui avait été dit il y a deux mois ! - qui "doit permettre, d’ici cinq ans, de terminer l’aménagement du quartier et la liaison gare-Médiacité", qualifiée d’"artère du Liège du 21e siècle".

Reste que cette société publique ne sera pas opérationnelle avant un ou deux mois et que l’on ne sait pas encore trop, à l’heure actuelle, la façon dont elle compte s’y prendre pour redessiner les contours d’un quartier dans lequel la construction de la nouvelle gare a déjà nécessité l’expropriation de près de septante bâtiments.