Gazette de Liége Cette mère, veuve depuis 5 ans, a ensuite essayé de s’en prendre à sa fille de 15 ans.

"Maman, je ne veux pas mourir…". C’est en entendant cette phrase prononcée au beau milieu de la nuit que ces riverains de l’avenue du Centenaire à Ougrée,ont été alertés. Jamais ils n’auraient pensé découvrir pareille horreur…

Il était précisément 3 h 30 du matin lorsque les secours ont été appelés à intervenir dans ce petit cul-de-sac, à hauteur du n° 173, dans le quartier du Bois Saint-Jean à Ougrée (Seraing). Katia D., jeune fille de 15 ans, était en état de choc.

C’est elle qui, en pleine nuit, a bien malgré elle donné l’alerte. Ses voisins les plus proches l’ont en effet aperçue, en pleurs, dans la rue. Très rapidement, son voisin direct, réveillé par son épouse, est descendu et a tenté de comprendre ce que faisait la jeune fille, seule et à cette heure, dans la rue… d’autant que Tatyana, sa mère, venait de partir en trombe. "Ivan est mort", disait sobrement la jeune Katia.

Interceptée du côté d’Amay alors qu’elle prenait la fuite en direction de Huy, Tatyana Hylko, la mère de Katia D. et Ivan D., âgée de 47 ans, a été déférée au parquet de Liège. Cette mère de famille d’origine biélorusse, qui vivait seule avec ses enfants, est très rapidement passée aux aveux.

Tatyana aurait donc profité de la nuit pour donner plusieurs coups de hache à son fils Ivan, âgé de 11 ans. Un violent coup a notamment été donné au niveau de la nuque. Elle ne lui a laissé aucune chance. Et c’est en entendant du bruit, en découvrant l’innommable, que Katia a pu s’échapper.

Selon certains témoignages recueillis dans le voisinage, le geste pourrait être prémédité… Tatyana aurait en effet été aperçue la veille en train d’acheter deux haches dans une grande surface de l’entité; l’une d’elles aurait servi à perpétrer l’horreur. Ce que ce voisin a découvert, en tentant de réveiller le jeune Ivan, n’a pas de mots, dit-il… "Le policier m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça", indiquait l’homme, sous le choc.

Veuve depuis 5 ans, Tatyana vivait à Ougrée depuis de nombreuses années avec ses deux enfants et semblait incapable de commettre un tel geste. Depuis le décès de son mari toutefois, elle semblait atteinte de dépression et son état se serait dégradé ces dernières semaines.

Lors de son audition, la mère infanticide a expliqué avoir eu peur de mourir d’une maladie et avoir commis son geste afin d’éviter à ses enfants de vivre dans un monde comme celui-ci… Redoutant que ses enfants vivent après sa mort, elle aurait tout simplement décidé de mettre fin à leurs jours. Selon le parquet toujours, ses déclarations étaient teintées d’un mysticisme religieux.

Un mandat d’arrêt a été délivré et Tatyana a été transportée ce dimanche vers la prison de Lantin. La suspecte passera devant la chambre du conseil avant la fin de la semaine prochaine.

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"On l’a vue repasser en voiture"

Sous le choc, les voisins racontent cette nuit d’horreur.

Il y a des drames qui marquent une vie. Tous, dans l’avenue du Centenaire, sont conscients d’avoir vécu un tel moment. Ils ont apporté les premiers secours à la jeune Katia, qu’ils croisent tous les jours.

"Je dormais, vu l’heure à laquelle cela s’est passé, mais ma femme est venue me réveiller, la jeune fille était dans la rue, en état de choc et elle parlait de sa mère", explique Manu, qui réside juste en face du 173. "Ce qui est assez surprenant, c’est que la mère a croisé une voisine alors qu’elle était en train partir, elle l’a saluée comme s’il ne s’était rien passé. Et alors qu’il y avait déjà du monde dans la rue, elle est repassée un peu après, en voiture, elle a regardé vers ici."

Selon ce témoin toujours, Tatyana aurait été aperçue, la veille, en train d’acheter deux haches dans une grande surface toute proche. Une version confirmée par cet autre voisin, qui réside juste à côté du lieu du drame. C’est lui qui a découvert le jeune Ivan.

"Ma femme m’a aussi averti. La petite voisine était dehors, elle pleurait et parlait au téléphone, indique l’homme, fortement choqué. Elle disait : ‘ Ivan est mort ’. Elle était effrayée, sous le choc et elle me demandait ce qu’elle allait faire, où elle pourrait aller. Je suis entré pour voir comment allait le petit Ivan, je l’ai pris par le bras et c’est là que j’ai vu tout le sang… puis j’ai vu sa nuque, je n’avais jamais vu cela."

Même s’ils ne connaissent pas personnellement Tatyana, les voisins restent surpris par ce geste impensable. "Elle était plutôt distante, mais elle semblait heureuse avec ses enfants, elle aimait les gâter", explique Manu. "Nous vivons juste à côté", poursuit ce voisin direct. "Je n’ai jamais entendu de cri ou un mot plus haut que l’autre, elle disait toujours bonjour. C’est incompréhensible de faire une chose pareille".

Averti, le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, a annoncé qu’il avait demandé la mise en place d’une cellule d’aide psychologique pour les voisins, mais aussi pour les policiers qui ont dû faire face à cette macabre découverte. "Nous allons aussi mettre en place une cellule de soutien dans les écoles qui étaient fréquentées par les enfants", a-t-il encore précisé ce dimanche.

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Dix jours après Grâce-Hollogne

C’était le 31 août dernier, il y a une dizaine de jours à peine, la région liégeoise était déjà secouée par un dramatique événement : une triple tentative d’infanticide à Grâce-Hollogne, rue Champ Pillé. Alors qu’il rentrait chez lui, alerté par un SMS de son fils, Fouad découvrait l’horreur… ses trois enfants - deux fils de 11 et 13 ans et une fille de 9 ans - avaient été égorgés. Miraculeusement, ils étaient en vie, mais gisaient dans le salon. Paniqué, l’homme a appelé une voisine à l’aide. C’est cette dernière qui découvrira la mère des enfants, Jamila El Fatah, pendue dans la cave. Elle avait tenté de tuer ses trois enfants durant leur sommeil avant de se donner la mort. Si l’audition du père n’avait pas aidé à comprendre les raisons qui ont poussé la mère à agir de la sorte, nous apprenions qu’une semaine après le drame, les trois enfants, qui avaient déjà confirmé que leur mère avait tenté de les égorger, allaient mieux, d’un point de vue physique. Ils devaient de nouveau être entendus par la justice. "Le service d’aide à la jeunesse assure le suivi", précise-t-on au parquet de Liège.