Gazette de Liége

A Jupille, vers 1960, Joseph Simonis fabriquait des cadeaux d'affaires en plastique. Aujourd'hui, après avoir gravi les échelons de la technicité, les polymères du Simonis Group sont devenus une référence mondiale en aéronautique, en automobile, en équipement médical...

En 1872, Toussaint Nyssenne révolutionnait à Verviers le transport de la laine, d'un poste de lavage à l'autre, dans un réseau de tuyaux à soufflerie. Aujourd'hui, ses descendants sont leaders européens dans le traitement de l'air et la climatisation.

En 1924, l'atelier de chaudronnerie Pommée voyait le jour à Chaudfontaine. Depuis, l'entreprise a pris le train de l'innovation technologique et s'est muée en concepteur ensemblier. Elle exporte 80 pc de sa production et Electricité de France figure dans ses carnets de commande.

En 1957, Jacques Bodart et Jean Gonay ouvraient une modeste fabrique de générateurs à air chaud à Stavelot. Aujourd'hui, modernisant sans cesse ses appareils de chauffage individuels, B&G est littéralement débordé par la demande.

Des nouvelles des spin-offs? L'Agence spatiale européenne fait appel à Open Engineering pour résoudre par le prototypage virtuel des problèmes apparus sur une fusée Ariane. Bruxelles, Paris, Lyon, Tripoli, Tunis... ont recours aux systèmes d'information géographique édités par Star Informatic. Au British Museum de Londres, on ne jure que par la numérisation 3D de Deios, qui commence à intéresser sérieusement d'autres secteurs.

Ce qui pourrait passer pour une description de la Silicon Valley en son âge d'or n'est qu'un florilège glané dans notre série hebdomadaire des «Itinéraires d'entreprises», réalisés depuis le début de l'année en partenariat avec Meusinvest, RTC Télé Liège, Télévesdre et Bel RTL. Le potentiel d'inventivité rencontré dans ce cadre impressionne. On objectera, certes, que la création d'emplois dans ces secteurs de pointe n'offre pas un équivalent quantitatif et qualitatif à toutes les pertes engendrées par le déclin sidérurgique. Mais ceci ne fait que souligner, une fois de plus, l'énorme effort de formation à consentir dans notre région.

Le vivier de bien des PME, ce sont les écoles techniques et professionnelles, sans oublier l'enseignement de promotion sociale. C'est de là que vinrent, jadis, les ressources humaines qui firent la transition de l'ère des machines à vapeur et de la fonte au coke à celle de l'acier, de la chimie et de l'électricité.

Une suggestion bien à-propos en ce week-end pascal: quand le mot redéploiement sera usé jusqu'à la corde, osons parler de résurrection. Et si ce n'est, pour l'heure, que le printemps, ce n'est déjà pas si mal.

© La Libre Belgique 2006