UrbAgora attaque la Région

Bruno Boutsen Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

Depuis 2007 et sa création dans la foulée de la pétition "Oui au tram, non à CHB", l’ASBL urbAgora n’a cessé d’être active, au niveau de l’agglomération liégeoise mais singulièrement de Liège-Ville, dans les domaines de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Jamais avare d’une proposition en la matière et ayant d’ailleurs pour but avoué de "promouvoir le débat public sur les enjeux relatifs à l’urbanisme, à la mobilité au logement et à l’aménagement du territoire", l’association citoyenne, fondée et présidée jusqu’il y a peu encore par François Schreuer, aujourd’hui reconverti en politique (il est tête de liste de la coopérative Vega, pour Vert et à gauche, aux communales à Liège-Ville), n’a pas manqué de susciter le débat. Et le moins que l’on puisse écrire est que depuis 2009 et l’accession d’Ecolo au pouvoir au niveau régional, une certaine tension a souvent régné entre l’ASBL urbAgora et le ministre wallon en charge de l’Aménagement du territoire, à savoir Philippe Henry.

Mais c’est précisément à ce dernier, compétent en la matière, qu’une demande d’agrément a été introduite par l’ASBL citoyenne, en date du 29 novembre 2009, avec pour objet la création d’une maison de l’Urbanisme à Liège. Les missions de telles maisons sont explicitées comme suit dans le Code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, du patrimoine et de l’énergie (Cwatupe) : "Les maisons de l’Urbanisme ont pour objet l’implication du public le plus large aux enjeux de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme et à la définition de leur cadre de vie. Elles ont pour mission la sensibilisation, l’information, le dialogue, le débat et la communication pour toute matière ayant trait à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme". A noter, et c’est un élément important, que le Cwatupe précise que "l’agrément est octroyé au maximum à deux maisons de l’Urbanisme par province".

En province de Liège, seule la maison de l’Urbanité, fondée par l’ingénieur-architecte Pierre Sauveur, est agréée, et ce depuis 2005 (cfr épinglé ci-contre). Si l’ASBL urbAgora a depuis 2009 la volonté d’être reconnue en tant que maison de l’Urbanisme, c’est, ainsi que l’explique son président actuel Olivier De Wispelaere, afin de franchir un cap. "Afin de continuer à remplir notre mission, nous avons besoin de soutiens et au vu de notre objet social, la subsidiation fut et est toujours le moyen privilégié", précise ce dernier. En effet, il faut noter que l’agrément wallon va de pair avec une subvention d’installation de 77000 euros et une subvention annuelle de fonctionnement d’environ 70000 euros, ce qui n’est pas rien pour une association comme urbAgora. "Il s’agit pour l’ASBL d’une question de survie et de croissance", souligne Olivier De Wispelaere, estimant par ailleurs qu’urbAgora, "espace ouvert et pluraliste de réflexion et de débat", constitue une offre complémentaire à celle déjà existante de la maison de l’Urbanité.

Ce sont essentiellement ces raisons qui ont poussé l’ASBL à décider fin juin dernier d’introduire un recours en annulation auprès du Conseil d’Etat. La requête se base sur le refus du ministre Henry de lui accorder l’agrément pour la création d’une maison de l’Urbanisme à Liège. Intervenu le 28 mars dernier, suite à divers échanges de courriers (dont une mise en demeure de statuer envoyée en octobre 2011) et autres rencontres entre les deux parties, ce refus est exprimé comme suit : "La création d’une nouvelle maison de l’Urbanisme est une mesure indispensable que je soutiens mais qui ne peut malheureusement être retenue parmi des priorités pour l’instant, compte tenu des marges budgétaires très étroites dans le contexte budgétaire actuel". Et c’est précisément ce motif, jugé non relevant, qui sert de base au recours en annulation introduit par l’ASBL urbAgora. En outre, contacté par nos soins, le cabinet du ministre Henry fait également référence à d’autres demandes (dont une émanant de la Communauté germanophone) mais ici encore, il ne s’agit pas selon urbAgora d’une raison valable pour lui refuser son agrément. Affaire à suivre, comme on dit

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