Gazette de Liége Vanessa Matz a assisté à son dernier conseil à Aywaille… après 24 ans d’engagement local

Vanessa Matz, cheffe de file du CDH depuis de nombreuses années à Aywaille, ne se représentera pas lors du prochain scrutin. En cause : une maladie agressive qu’elle combat au quotidien. Ce mardi, l’Humaniste, toujours députée fédérale, assistait donc à son dernier conseil communal. Elle qui fut la plus jeune élue et échevine d’Aywaille. Elle s’est confiée sur ce beau parcours... qui n’est peut-être pas terminé.

Pour ceux qui l’ignorent toujours, ce choix, de faire un pas de côté, a été dur à faire…

"Ce n’est pas facile effectivement car ce n’est forcément pas mon choix. Je souffre de l’algie vasculaire de la face ce qui provoque des migraines intenses, la douleur est reconnue comme l’une des plus fortes, qu’on compare parfois à une jambe coupée à vif. Je suis aujourd’hui soulagée d’en parler librement. Mais c’est donc avec beaucoup d’émotion que je suis allée au conseil, j’avais envie de clôturer ce cycle correctement."

Votre premier conseil, c’était il y a 24 ans déjà, vous étiez âgée de 21 ans.

"J’ai été élue très jeune. C’est Dominique Germain à l’époque qui est venue me chercher, on avait besoin d’un tiers de femmes sur les listes. Je suis donc entrée sur la liste Entente communale, PRL-PSC, en tant que PSC."

Le PSC, un choix qui s’imposait ?

"Je n’ai pas hésité une seconde, j’ai toujours eu une bonne idée de ce que chacun représentait. Si les libéraux étaient venus une heure avant me le demander, j’aurais dit non."

Que vouliez-vous apporter pour Aywaille à l’époque ?

"Il était très rare à l’époque d’avoir des jeunes sur les listes, c’était assez inédit et avec Dominique, nous avons d’ailleurs été élus haut la main ; je voulais m’engager pour la jeunesse. J’avais réalisé 423 voix je m’en rappelle. On m’a alors proposé un poste d’échevine mais j’ai refusé. J’ai remplacé André Bay en cours de législature, à 24 ans. J’étais alors échevine des Travaux et de l’Environnement."

C’était une mission ardue à cet âge…

"J’ai été épaulée par André, qui a été d’une grande bienveillance mais pas complaisante et le milieu n’était pas hostile à l’époque. On ne s’est pas méfié de moi ; peut-être aurait-on dû... (rires)."

Votre meilleur souvenir ?

"La politique que j’ai lancée au niveau du tri de déchets. Nous avions mis en place un système forfaitaire novateur à l’époque car, celui qui se rendait au parc à conteneurs régulièrement et qui triait ses papiers et cartons pouvait obtenir d’importantes réductions. Je me suis fait injurier quand on l’a lancé. Mais quand les gens ont vu les résultats, il y a eu un réel engouement."

Le pire ?

"La campagne de 2012 et, j’insiste, pas parce que nous l’avons perdue."

Aujourd’hui, vous êtes encore disponible pour Aywaille ?

"Que ce soit clair, je n’ai pas envie de jouer la belle-mère pour les dossiers locaux. Ce retrait n’est pas mon choix mais personne n’est mon porte-voix. Bien sûr, si on veut me demander mon avis, je suis toujours à l’écoute. La liste Aywaille Demain est composée de grandes personnes, voir ces jeunes s’engager de la sorte est d’ailleurs ma meilleure guérison. Maintenant, je précise aussi que je suis toujours parlementaire fédérale et à cet égard, je ne connais pas mon avenir. Je ne sais pas si en mai 2019, je serai soulagée quant à la maladie. J’essaye de participer comme je peux aux débats, je me suis rendue la semaine dernière à une commission sur la peste porcine. Je suis donc toujours à disposition de ma commune, de ma région, comme un relais au fédéral."

Votre choix n’est donc pas arrêté pour les élections de 2019 ?

"Non mais je demande qu’on ne me condamne pas maintenant. Je remercie mon président de ne pas avoir conditionné ces élections aux élections communales. Aujourd’hui, j’ai toujours un moral d’acier. Si le ciel s’est obscurci depuis 2 ans, je n’ai jamais arrêté de me lever et de me dire que j’y arriverai."