Gazette de Liége

C’était en octobre : une vingtaine de citoyens liégeois, au premier rang desquels le président de l’ASBL urbAgora François Schreuer et l’ancien porte-parole francophone du Parti communiste Pierre Eyben, lançaient officiellement la coopérative politique "Liège 2012". Les bases de ce mouvement, dont les maîtres mots sont "écologie, socialisme et démocratie" et qui entend "ouvrir le champ politique au plus grand nombre", avaient été jetées l’été précédent et des discussions âpres avec Ecolo s’en étaient suivies en vue des élections d’octobre.

Samedi, la coopérative "Liège 2012" est devenue "Vega", pour "Verts et de gauche", lors d’une assemblée générale de fondation qui s’est tenue à Saint-Léonard. Y étaient présents, aux dires de François Schreuer, une septantaine de personnes, ce dernier évoquant le chiffre de quelque 130 coopérateurs. "Il s’agit d’un démarrage très positif", estime-t-il. Pierre Eyben renchérit : "Notre initiative correspond aux attentes d’un certain nombre de personnes qui ne se reconnaissent pas dans ce qui est proposé par les formations politiques traditionnelles". Ce qui sous-tend "Vega", comme d’autres initiatives (voir ci-contre), c’est, ainsi que l’exprime François Schreuer, "le constat d’une désaffection à l’égard de la politique". "Or, poursuit-il, on a besoin de la politique pour faire face aux problèmes. Mais il faut réhabiliter la parole des citoyens et c’est ce que nous tentons de faire à notre niveau".

Clairement, il y a chez les tenants de la coopérative "Vega", se réclamant des valeurs de la gauche, une volonté de ne plus laisser la politique qu’aux édiles. "Certains politiques ne sont plus du tout en contact avec les réalités vécues par la population", expose Pierre Eyben, qui insiste tout comme François Schreuer sur l’importance du programme. "Nous avons une logique différente de celle des partis qui pensent d’abord aux places sur les listes et dont les programmes sont d’une indigence terrible", affirme ce dernier. Son programme, "Vega" doit le présenter en avril prochain. "On verra bien si nos propositions trouvent ou non écho auprès des formations de gauche", explique Pierre Eyben, qui estime qu’"à un moment, il faut passer d’un groupe de pression à une structure capable de jouer le rapport de forces". A l’instar de ce dernier, François Schreuer estime quant à lui que l’ "on ne se constituera en liste qu’à quatre conditions : si nos propositions sont singulières, si nous avons une assise locale ainsi que des moyens suffisants et si aucun accord n’a pu être trouvé avec d’autres".

Si la cheffe de groupe Ecolo au Conseil communal Bénédicte Heindrichs dit applaudir ce genre d’initiatives, elle affirme que Vega fait le même constat qu’Ecolo au quotidien, à savoir qu’il faut réduire le fossé existant entre politique et citoyens. Pour elle, "Vega ne fait qu’appliquer les mêmes recettes que celles qu’Ecolo a appliquées lors de sa fondation". Et de faire référence au courant baptisé "Vega", soit "Verts pour une gauche alternative", fondé en 1986 et issu de la scission de l’aile gauche d’Ecolo. Un courant qui ne fit pas long feu

Selon Bénédicte Heindrichs, si "Vega" allait jusqu’au bout et décidait de constituer une liste, cela provoquerait "un morcellement de la gauche". Cette division des forces de gauche, François Schreuer la réfute, affirmant que "la volonté n’est pas de déposer une liste à tout prix ou d’obtenir telle ou telle place mais que nos idées soient prises en compte".