Gazette de Liége Lancé en 2012, il est en bonne voie grâce aux fonds Feder octroyés à l’ULg.

Verdir : six lettres pour cet acronyme signifiant valorisation de l’environnement par la réhabilitation durable et l’innovation responsable. En d’autres termes, il s’agit d’un projet de développement d’activités économiques locales et non-délocalisables basées sur le concept tendance de l’agriculture urbaine et péri-urbaine. Lancé en 2012 par l’ULg, rejointe par la Spi, le Gré-Liège ainsi que par la Région wallonne via le pôle de compétitivité Mecatech, ce projet innovant vise à reconvertir les friches industrielles existantes en se basant sur les besoins de la population. Il est ainsi question en l’espèce de la production à grande échelle de légumes et de plantes qui pourront servir à l’alimentation mais aussi à l’industrie pharmaceutique et à la production de biomasse, de plus en plus recherchée. Projet-pilote voulu fédérateur, Verdir s’est développé dès 2013 sur le site Magnetto à Flémalle, soit un ancien site industriel du groupe ArcelorMittal que ce dernier a donc accepté de reconvertir. L’objectif étant d’y implanter des activités agricoles en milieu urbain et d’y créer un éco-système de production de fruits et de légumes, et ce sur 3 600 m2.

Plusieurs étapes de concrétisation

Mais le site Magnetto n’est pas le seul concerné par ce type de réhabilitation pour le moins original, que ce soit sur un plan financier ou technique puisque ce sont essentiellement les technologies d’aquaponie et d’hydroponie qui seront mises en œuvre à cette occasion. La première consistant en une culture de plantes hors sol, en milieu confiné, et la seconde étant dérivée de celle-ci en y associant l’élevage de poissons. Ces derniers mois, plusieurs étapes importantes ont été franchies dans la concrétisation du projet Verdir dont le lancement récent d’une start-up destinée à produire des serres mobiles qui pourront produire entre 400 et 500 salades par jour. Il est également question de la création dans le courant de cette année d’une autre start-up qui pourra quant à elle récupérer l’énergie excédentaire issue d’entreprises industrielles afin de produire des plantes destinées au secteur pharmaceutique. En termes financiers, le gouvernement wallon avait déjà débloqué à l’automne dernier un montant de deux millions d’euros dans le cadre de la reconversion des friches industrielles à laquelle Verdir participe.

Près de 6 millions d’euros

Alors que le projet était déjà en bonne voie, il vient de connaître un coup d’accélérateur grâce aux fonds européens Feder octroyés à l’ULg (voir aussi ci-contre). En effet, sur les 59 millions d’euros dont elle va bénéficier dans ce cadre et auxquels il faut ajouter les 9 millions reçus du Fonds social européen, près de 6 millions seront attribués à Verdir. La présence du premier vice-recteur de l’ULg Eric Haubruge, soit l’un des initiateurs du projet, au sein de la task force wallonne qui a procédé à l’examen des projets n’y est sans doute pas pour rien. Toujours est-il que grâce à cela, une première installation-pilote de production de végétaux en utilisant la technique de l’aquaponie pourra prendre place sur l’ancien site des Acec à Herstal. À noter également : le projet voisin de chauffage urbain dû à Intradel auquel des fonds Feder ont aussi été octroyés et qui sera couplé au projet Verdir.Bruno Boutsen