Gazette de Liége

Le moins que l’on puisse écrire est que le CPAS de Liège, soit l’une des entités dites consolidées liées à la Ville de Liège et le bras armé de la politique sociale menée par cette dernière, traverse une période pour le moins troublée. Et pour cause, serait-on tenté d’écrire à ce sujet, puisqu’après avoir dû absorber la charge de travail consécutive aux exclusions du chômage et celle relative à la prise en charge des demandeurs d’asile, son personnel a manifesté récemment son mécontentement. Ce que ce dernier a mis en exergue, ce sont tant des problèmes liés aux locaux qu’aux effectifs ou encore aux horaires que précisément une surcharge de travail. C’est que le travail sur le front de l’action sociale à Liège ne diminue pas, que du contraire si l’on en croit les chiffres fournis par la présidente du CPAS lors des débats relatifs au budget 2018. En effet, environ 12000 Liégeois bénéficient du revenu d’intégration sociale qui est un indicateur éclairant.

Un nouveau directeur général d’ici un mois

Ce constat va donc de pair avec une situation interne tout sauf simple, qui plus est depuis l’annonce récente d’un détournement de fonds dans le chef d’un ancien employé du CPAS ainsi que le décès inopiné survenu récemment du directeur général Jean-Marc Jalhay, lequel avait été nommé à ce poste à l’issue des élections de 2012. Comme expliqué par Marie-France Mahy, laquelle est quant à elle en fonction depuis l’automne 2015 suite à la démission de Claude Emonts, il s’est agi de parer au plus pressé afin de remplacer ce dernier. Ce qui a été chose faite puisque sa secrétaire de cabinet est devenue directrice générale faisant fonction, le souci étant qu’elle a dû rapidement jeter l’éponge eu égard à la charge de travail. Depuis mi-mars, c’est donc à un simple chef de bureau du CPAS qu’il revient d’exercer la fonction, et ce en attente de la désignation d’un nouveau directeur général, laquelle devrait intervenir d’ici un mois si l’on en croit Marie-France Mahy.

Pour le reste, malgré ce jeu de chaises musicales, la présidente du CPAS de Liège assure que le service public continue bel et bien à être rendu. Loin de nier les difficultés, celle qui a prévu de quitter ses fonctions à l’issue des élections communales d’octobre prochain, atteinte par la limite d’âge, préfère y voir des opportunités. C’est ainsi que plusieurs aménagements sont prévus dans les prochains mois, le premier et le plus urgent selon elle ayant trait à la volonté qui est la sienne de raccourcir les délais de paiement des bénéficiaires. Soit en l’espèce un point qui a été soulevé à plusieurs reprises lors du Conseil communal et sur lequel l’ancien directeur général avait travaillé. En outre, il est également question de revoir l’organisation interne au CPAS, laquelle est figée depuis plusieurs années. L’objectif étant ainsi qu’exprimé par sa présidente d’aller vers davantage de transversalité dans l’exercice de ses missions ainsi que vers des synergies renforcées avec la Ville, sans toutefois perdre son autonomie.