Gazette de Liége
En 1998, la loi Lizin était votée, pénalisant les violences conjugales, qui sortent de la sphère privée pour devenir une problématique sociétale.

Ce 25 novembre avait lieu la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Il y a également vingt ans que la loi Lizin visant à combattre les violences au sein du couple entrait dans le code pénal.

Pour marquer cet anniversaire, un colloque sur le thème "De la loi Lizin à la Convention d’Istanbul : vingt années de combat contre les violences conjugales et intrafamiliales" était organisé par la Fondation Anne-Marie Lizin, samedi à Huy. Un colloque qui réunissait de nombreux acteurs autour de la problématique. L’occasion de faire le point : quelles avancées ? Est-ce pour autant gagné ?

Créée en 2016 par Michel Lizin et active depuis 2017, la Fondation Anne-Marie Lizin a pour objectif de poursuivre le combat que menait Anne-Marie Lizin, son épouse, ancienne présidente du Sénat et ex-bourgmestre de Huy. "Ce n’est pas qu’un combat de la libération homme/femme, c’est aussi la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales", souligne Michel Lizin, le président de la Fondation.

Déposée en 1996 et votée en 1998, la loi Lizin est la première loi qui pénalise les violences conjugales et protège les victimes. "Cela n’a pas été facile, il y a eu de nombreux débats à la Chambre et au Sénat", se souvient Michel Lizin. Pour la première fois, la violence conjugale sort de la sphère privée pour entrer dans le domaine d’intervention de la justice.

"Cette loi a permis au procureur du Roi de pénétrer dans le domicile familial, sans autorisation du mari, sur plainte de la victime", explique Reine Marcelis, la présidente de Synergie Wallonie. "Désormais, le mari peut être poursuivi s’il violente sa femme, que ce soit au niveau physique, psychologique ou économique" , précise-t-elle. "Cette loi a également permis l’abrogation de l’article 413 du Code pénal selon lequel le flagrant délit d’adultère constituait une cause d’excuse aux coups et blessures volontaires et à l’homicide."

Ont suivi la circulaire Tolérance zéro en 2004 et la Convention d’Istanbul en 2006. "La loi Lizin a apporté énormément pour le combat des femmes. Avant, la majorité des plaintes étaient rejetées", continue Reine Marcelis. Aujourd’hui, "on avance mais il reste des choses à faire, des femmes meurent tous les jours sous les coups de leur compagnon et 75 % des plaintes restent encore sans suite" .