Gazette de Liége Chronique

Il est vraiment la personnification de ce qu’en France on appelait "le poilu". Ce soldat de la guerre 1914-1918, gouailleur mais sur qui on pouvait compter pour n’importe quel coup de main. Mais celui-ci n’est pas français. C’est un vrai Liégeois, né à Liège en 1849, mort à Herstal en 1938.

Lorsque la guerre éclate en 1914, Pierre Louis Merx jouit paisiblement de sa retraite de 1er sergent. A ce moment son fils est en Hollande. Il décide alors qu’il y aura tout de même un Merx pour défendre la patrie. Il réussit - et aujourd’hui encore, on se demande comment, à 65 ans -, à s’engager au 1er régiment de volontaires. Il est le doyen des volontaires belges et bien vite, on le surnomme "Papa Merx". Il refuse de reprendre ses galons de sergent. Il les regagnera en 1915, après s’être illustré dans deux missions périlleuses.

Pendant toute la guerre, il sera en première ligne, disant qu’il valait mieux qu’une vieille carcasse comme lui périsse plutôt qu’un jeune plein de vie. Il racontait souvent qu’il avait sauvé la vie du prince Léopold (futur roi Léopold III). Le prince servait comme jeune volontaire au 12è de ligne derrière l’Yser. Au cours d’une reconnaissance faite en même temps que le prince, Merx entend le sifflement caractéristique d’un obus. Il pousse brutalement le prince sur le côté. Heureusement car l’ obus tombe et explose à l’endroit même où Léopold se trouvait quelques minutes auparavant !

Papa Merx fut seulement démobilisé le 30 septembre 1919 après plus de cinq ans d’armée. En 1920, une visite du prince à Merx est officielle mais le vieux soldat bénéficia de nombreuses autres visites à titre privé. En effet, Léopold avait l’habitude de repasser de temps à autre au domicile de Merx au retour de réceptions officielles dans la région de Liège.

Avec sa grosse moustache, ses sourcils en bataille et son regard perçant, Pierre Merx devient le symbole des anciens combattants. Sa réputation est telle qu’en 1930, de son vivant, son nom est donné à une rue de Liège (dans le quartier Sainte-Walburge).

Le roi Albert, la reine Elisabeth avaient pour lui une grande amitié et mirent souvent le vieux soldat à l’honneur. Lorsqu’il mourut, en mars 1938, on dut faire appel à un imposant service d’ordre pour contenir la foule qui voulait accompagner "Papa Merx" au cimetière de Robermont. Pour lire la vie de ce soldat, taper "Papa Merx" sur le moteur de recherche.