Gazette de Liége L’ancien ministre fédéral ne sera plus maïeur de Dison mais conseiller.

Le bourgmestre, c’est le curé des temps modernes. C’est chez lui qu’on se confesse… Je me souviendrai toujours de ce réveillon du 24 décembre dans les années 1980. Sur le point de quitter mon domicile, j’ouvre la porte, une femme crie ‘je vais accoucher’. J’ai appelé les secours et la dame a mis au monde son enfant quelques heures plus tard."

Un moment qui a manifestement marqué Yvan Ylieff, bourgmestre de Dison depuis la fusion des communes, il y a 41 ans. Un bourgmestre qui, à 78 ans, reste dans le mouvement mais quitte le premier rang pour éviter de faire la mandature de trop. Bourgmestre, ce sont aussi des moments difficiles comme ces inondations survenues dans un quartier précarisé en 2016, année noire assurément pour la commune qui avait vécu quelques mois auparavant un drame, le décès de trois enfants dans un incendie.

Une femme honnête

Historien de formation, rien ne prédestinait finalement le bourgmestre de Dison à une telle carrière, lui qui a croisé la route d’un certain Jean Gol à l’université où une conscience politique forte était présente après les grandes grèves de 1960. L’arrêt des essais nucléaires et la guerre d’Algérie ne le laissent pas indifférent. Il est recruté par Pierre Miessen, sénateur-bourgmestre d’Andrimont et se retrouve secrétaire de la section socialiste locale par hasard.

Le destin est en marche et Joseph Jean Merlot, bourgmestre de Seraing et vice-Premier ministre, le repère… Le professeur d’histoire devient attaché de cabinet à l’Éducation. Nous sommes fin des années 1960. C’est le début de son ascension.

Échevin d’Andrimont dès 1970, il devient bourgmestre en 1973 suite au décès de Pierre Miessen. L’année suivante, il est élu député fédéral et est confirmé, en 1977, bourgmestre de Dison à la fusion des communes. Une fonction qu’il ne quittera plus. "Bourgmestre, c’est aussi des vitres brisées, des menaces verbales et physiques. Mais c’est une fonction que j’ai adorée."

Yvan Ylieff, c’est aussi une carrière nationale (éducation et politique scientifique) et à la Communauté française durant 12 ans. De 1988 à 2003 avec un intermède entre 1992 et 1995. "J’ai été malmené en 1992 alors que j’étais ministre de l’Éducation et de la Recherche scientifique à la Communauté Française. C’est aussi l’année où je me suis froissé avec Claude Desama, mon ami de 30 ans, qui avait des vues sur la politique scientifique attribuée finalement à Michel Daerden. C’était une belle époque car il y avait aussi Melchior Wathelet et André Damseaux. Trois Verviétois qui faisaient front pour défendre les intérêts locaux."

Une autre époque, et la relève rouge dans l’arrondissement passera par "Muriel Targnion, une femme honnête sur le plan de l’intégrité morale et pécuniaire. Une femme diplomate qui sait convaincre et qui connaît ses limites et ses moyens… Elle défe nd l’intérêt public et respecte les convictions des uns et des autres."