Namur-Luxembourg

Une usine vidée de son contenu et 1 500 personnes au chômage.

La fermeture de l'usine sidérurgique d'Athus est la première catastrophe sociale belge. Le 5 septembre 1977, à 15h30, après 40 jours d'occupation de l'usine, les sidérurgistes acceptent la fermeture de la plus grande entreprise de la province de Luxembourg. Trente ans plus tard, la même question revient dans les esprits.

Cette fermeture était-elle inévitable ? Les anciens travailleurs sont loin d'en être convaincus. "Le malaise a commencé en 1966. Lorsque Cockerill, propriétaire de l'usine depuis l'après-guerre, spécialise la division d'Athus dans la seule fabrication des ronds à béton", précise René Bressard, sidérurgiste et délégué syndical.

"En 1972, le prix du rond à béton diminue. Cockerill investit peu et l'usine devient obsolète." Commence alors une bagarre syndicale. Athus fusionne ensuite avec l'usine sidérurgique de Rodange.

Pour fabriquer un produit identique. "Rodange connaissait alors des difficultés financières terribles. Le mariage était purement économique. Cockerill a préféré sauver Rodange pour laisser mourir Athus. La fusion humaine, elle, n'a jamais eu lieu", souligne André Thone, travailleur en production à Athus pendant 25 ans.

L'usine est occupée, les manifestations se succèdent. Un plan social est finalement négocié. "Les négociations ont été difficiles mais efficaces. Nous avons obtenu le maintien des salaires pendant trois ans. Ce qui n'est plus jamais arrivé ailleurs. Mais cette fermeture a sacrifié toute une génération de travailleurs", se souvient René Bressard.

La fermeture de l'usine, après 105 années de fonctionnement, sème la désolation dans de nombreuses familles. Jusqu'à Bastogne et sa région.

Aujourd'hui, l'usine a disparu du paysage. Seuls quelques bâtiments de l'époque sont restés. L'un d'eux abrite un musée de l'acier rassemblant de nombreux documents d'époque.

Plusieurs manifestations s'y dérouleront ce week-end à l'occasion des 30 ans de la fermeture.