Namur-Luxembourg La librairie témoigne : les habitants de la rue Saint-Nicolas soutiennent le projet.

Depuis l’annonce qu’un généreux donateur offre un million d’euros pour l’ouverture et le fonctionnement d’un accueil de jour pour les SDF et autres personnes qui vivent dans la rue, on observe une levée de boucliers au sein de plusieurs associations du quartier Saint-Nicolas et singulièrement de la maison médicale.

Dernier épisode en date : le dépôt à la Ville d’une pétition contre ce projet (lire encadré). Ce qui a le don d’énerver les habitants qui sont pour la réhabilitation du bâtiment situé au 78 de la rue Saint-Nicolas et son projet social. C’est le cas de Françoise, libraire depuis 27 ans quelques maisons plus loin.

"Je l’ai vu évoluer le quartier, depuis tout ce temps. D’un côté, la place des Cadets est devenue très belle, de l’autre, les bâtiments sont toujours délabrés et les façades sales. Est-ce que les opposants veulent que cette vitrine reste vide et sale ? Ils disent que ça va tirer le quartier par le bas, je ne suis pas du tout d’accord ! Tout le monde a droit à sa dignité", explose-t-elle.

L’avis du quartier

La polémique, elle en débat avec sa clientèle depuis que nous avons révélé l’information. "Si c’était un abri de nuit, je ne serais pas forcément pour. Mais un abri de jour, franchement, que pourrait-il y avoir comme problème ? Beaucoup d’habitants du quartier sont comme moi, ils ne comprennent pas pourquoi on devrait s’opposer. Les nuisances que certains craignent, on aurait pu les avoir avec le cercle turc ou le cercle albanais ou encore la mosquée. Et finalement, tout le monde s’entend plutôt bien."

La Concertation, comité regroupant bon nombre d’associations du quartier et s’exprimant en un seul nom pour faire avorter le projet, Françoise ne connaît pas. "Quand on parle aux associations séparément, elles ne sont pas contre le projet. Je ne sais pas très bien qui sont les personnes qui se positionnent contre. Est-ce qu’un endroit au chaud et à l’abri pour s’asseoir devant un café et se laver, ce n’est pas mieux que le kawa du mercredi organisé devant le Cinex, dehors qu’il pleuve ou qu’il vente ? Quand le café arrive, il est déjà froid", commente-t-elle sans ménagement.

Une franchise qui lui vaut d’être boycottée. "Certains ne me parlent plus et je n’ai plus droit au petit journal du quartier, mais je ne me tairai pas pour autant. S’il faut faire signer une pétition aux personnes qui soutiennent l’abri de jour, je le ferai !"