Namur-Luxembourg Après avoir retenu un fournisseur du Hainaut et mis en colère les Namurois, la Province de Namur suspend le marché

Le service Mobilité de la Province de Namur ne se doutait pas des foudres qui allaient lui tomber dessus lorsqu’elle a lancé son opération de promotion du vélo à assistance électrique… Elle propose de bénéficier de tarifs réduits pour l’achat d’un vélo électrique (1.900 € au lieu de 2.400 €) en organisant un achat groupé.

Comme il n’y a pas d’intervention financière de la Province, il n’y a pas eu d’appel d’offres. "Le service de Coraline Absil a contacté trois importateurs et a retenu le plus intéressant", explique Geneviève Lazaron qui, prise à partie par les vendeurs de vélos namurois, a porté l’affaire devant le conseil provincial ce jeudi.

"Porter son choix sur un importateur, qui de plus n’est pas de notre province, nous indigne et nous porte préjudice alors que la Province annonce par ailleurs soutenir le commerce local. Nous nous sommes regroupés par mail et allons nous voir lundi", tonne Bardy Saitta de la fameuse enseigne de 30 ans à Namur.

"C’est de la concurrence déloyale. Comment voulez-vous que nous, petits commerçants, survivions ? Et que nous restions crédibles devant notre clientèle ou nos futurs clients ?"

Selon la députée provinciale, il n’y a pas eu de malice, mais de la maladresse. "Les agents du service ont réfléchi à obtenir le meilleur prix en se tournant vers des importateurs, pas forcément au service supplémentaire d’un commerçant de proximité. Un argument auquel je suis sensible, étant fille de commerçants."

Toujours est-il que la procédure est suspendue jusqu’à discussion avec la vingtaine de vendeurs de vélos de la province qui se sont rassemblés en association. "On est en train de leur proposer de les voir lundi ou mardi, à l’heure qui leur convient. Aucun engagement n’est encore pris avec l’importateur hennuyer", assure Geneviève Lazaron.

Il n’y a pas eu d’appel d’offres comme c’est le cas lors d’un marché public. La Province n’y va pas de sa poche, mais se place juste en intermédiaire entre le vendeur et les Namurois intéressés. Il est donc encore temps de discuter et éventuellement d’adapter les dispositions envisagées.