Namur-Luxembourg

L'échevin de l'Environnement, des espaces verts et de la propreté publique, Alain Detry (MR), appartient désormais au rang des "hommes d'expériences" du collège. Il est même le seul à avoir conservé ses fonctions, à l'issue du scrutin d'octobre. Des fonctions qu'il exerce donc depuis six ans.

Alors que les autres échevins sont encore en rodage, le réformateur avance à toute vapeur.

Et il a déjà planifié son prochain sextennat. Celui-ci se décline en six thématiques, 50 objectifs et 200 actions. La touche finale sera apportée dans les prochains jours.

En effet, le plan 2007-2012 pour l'environnement, les espaces verts et la propreté publique doit encore être discuté, le lundi 15, avec les acteurs du monde associatif concernés.

Mais ceux-ci ont aussi participé à l'élaboration, grâce aux contacts permanents qu'entretient l'échevin avec eux. Si les mesures proposées marquent avant tout la continuité, quelques-unes ne manquent pas d'originalité.

Tour d'horizon avec l'auteur.

Quelles sont les actions prioritaires ?

Commençons par la collecte des déchets. Je vais étudier la possibilité de réaliser en même temps la collecte des PMC et celle des papiers cartons, afin que les gens ne confondent plus les dates.

De plus, j'aimerais que les collectes puissent être réalisées au soir et non plus au matin. Cela évitera de laisser traîner les poubelles toute une nuit, voire parfois tout un dimanche.

Enfin, pour diminuer encore la part des déchets qui vont en décharge et augmenter la réutilisation, je voudrais améliorer l'information sur le tri sélectif et développer un magasin de seconde main à la "ressourcerie". N'oublions pas non plus qu'il faudra bientôt, comme le veut l'Union européenne, trier aussi les déchets organiques.

Quelles sont les actions originales ?

Du côté de la sensibilisation, je compte travailler un peu différemment. L'approche purement informative ne suffit plus. Mais je ne suis pas non plus pour sanctionner à tour de bras. J'envisage quelques actions "chocs". Il pourrait s'agir, par exemple, de petits spectacles en rue (par la troupe des Bonimenteurs, par exemple) qui illustreraient par l'absurde le manque de civisme : déjections canines, jets de canettes, etc.

Qu'est-ce qui doit encore changer ?

Nous devrons fleurir davantage la périphérie. Certains pots de fleurs seront récupérés dans le centre. Au pont des Ardennes, par exemple, un vandalisme à répétition nous force à retirer les bacs. Côté fleurissement encore, j'aimerais que le jardin médiéval, à la citadelle, soit prêt pour la saison touristique 2007. À terme, nous voulons créer un véritable éco-tourisme à Namur.

Vu l'état des finances namuroises, vous devrez pourtant faire vôtre la formule du bourgmestre "faire mieux avec moins".

Effectivement, l'échevine des finances nous a demandé de réaliser des économies. C'est évidemment un peu frustrant quand on a de nombreuses idées d'actions, mais j'ai déjà dégagé quelques pistes intéressantes à lui présenter pour diminuer les frais.

Je voudrais souligner que, selon moi, le problème à la source des difficultés financières de la Ville est structurel : le fonds régional d'aide aux communes ne donne pas à Namur ce à quoi elle a droit. Il suffit de comparer avec Liège ou Mons.

Quelles économies allez-vous proposer ?

Nous allons intensifier la recherche de subsides. J'aimerais aussi instaurer une redevance pour l'attribution des permis d'environnement, en fonction de la taille des projets. J'envisage également d'augmenter les amendes pour incivilités, aujourd'hui placées à 125 euros.

Nous pourrions aussi remplacer moins vite les équipements et le charroi. Certaines actions qui ont lieu tous les deux ans, comme la distribution de plants, ne seraient plus organisées qu'une année sur trois.

D'autres économies pourraient résulter d'une réorganisation du service propreté. Nous continuerons aussi à promouvoir les économies d'énergie, notamment au sein des services communaux.

Au niveau politique, quel serait votre voeu le plus cher pour 2007 ?

Retrouver la sérénité ! L'affaire des marchés publics a laissé beaucoup de traces dans la gestion journalière. On ne sait plus bien ce que l'on peut et ce que l'on doit faire. On se pose sans cesse des questions.