Namur-Luxembourg Le manque d’effectif pourrait expliquer le retard dans le dossier Veviba.

Des questions restent sans réponses dans l’affaire Veviba. Les consommateurs se demandent pourquoi 18 mois se sont écoulés entre la découverte de viande périmée au Kosovo et la perquisition du 28 février à l’issue de laquelle des fraudes ont été constatées, comme la modification des dates de péremption sur les étiquettes et l’ajout de morceaux impropres à la consommation dans la viande hachée. Pourquoi le juge d’instruction n’a-t-il pas mené cette perquisition de grande ampleur plus tôt ?

Selon Olivier Maingain (Défi), qui vient d’interpeller le ministre de la Justice, le manque d’effectif pourrait être en cause. "Cette affaire Veviba vient me conforter dans l’importance de la question que je pose", souligne-il. "En effet, ce n’est pas la première fois que je m’intéresse à la situation du pouvoir judiciaire en province de Luxembourg, de l’insuffisance d’effectifs. Je ne sais pas si nous pouvons faire un lien avec ce dossier et l’affaire qui occupe l’actualité politique. Pourtant, quand nous conversons avec des magistrats, et a fortiori avec ceux du parquet, ils nous disent quasiment tous qu’il y a des dossiers qui dorment, qui ne sont parfois même pas ouverts, par manque de personnel."

Le ministre Koen Geens précise, pour sa part, "qu’à la suite d’une nomination récente d’un juge au tribunal de police du Luxembourg, l’effectif du tribunal de première instance est actuellement de 21 magistrats sur un cadre de 24". Il ajoute qu’il est exact qu’aux greffes, 45,8 personnes sont actuellement en service sur un cadre légal de 53 auquel il faut ajouter 4 (surnombre autorisé), pour un total de 57. Il précise, toutefois, que les cadres légaux ont été fixés dans un contexte historique et qu’ils n’ont dès lors qu’une valeur relative, et ne permettent pas une répartition du personnel selon les réels besoins des juridictions. "Selon moi, des indicateurs concernant la charge de travail devraient davantage déterminer les priorités pour la publication des places vacantes ou pour le recrutement du personnel", conclut-il.