Namur-Luxembourg

Rares sont les Namurois à ne pas connaître le Grand Feu de Bouge, une des coutumes les plus anciennes de notre folklore. Il est de tradition à Bouge de mettre le feu à un énorme bûcher le premier dimanche de Carême appelé aussi le dimanche des brandons. L'histoire raconte que les brandons étaient ces torches de paille enflammées qu'agitaient les jeunes villageois dans les champs pour en chasser la vermine. Le soir, tous se retrouvaient autour d'un feu pour fêter la fin de l'hiver.

Quant au bûcher, il était dressé au même endroit, à un point culminant, car il devait être aperçu du plus loin possible. D'après les anciens, le Grand Feu a toujours eu lieu. Même pendant les années de guerre, on l'allumait une demi-heure avant le coucher du soleil afin de respecter les consignes militaires interdisant toute source lumineuse dans la nuit. Seule exception en 1934, en raison du décès accidentel du roi Albert Ier dans les rochers de Marche-les-Dames: il a été postposé d'une semaine.

Depuis le 14 octobre dernier, les bénévoles ont fagoté et érigé le bûcher bougeois. Mission accomplie depuis deux semaines! Fort de 14 mètres de haut, 30 mètres de circonférence, 8000 fagots posés en couches alternées, soit 90 tonnes de sapin ou 500 m3, le plus majestueux bûcher de Wallonie est prêt pour le grand allumage qui aura lieu dimanche 5 mars sous les applaudissements de plusieurs milliers de spectateurs. La coutume veut que le week-end précédent, la confrérie du Grand Feu et les forces vives bougeoises procèdent au baptême du bûcher. C'est ce qu'ils feront, ce dimanche, dès 11 h 45 au lieu-dit Point de vue, l'unique endroit d'où l'on peut envisager à la ronde les 6 autres feux périphériques de Loyers Bossimé, Erpent-Les-Bleuets, Erpent-les-Cortils, Erpent-Bois- Williame, Wépion-La-Pairelle et Namur-Citadelle.

© La Libre Belgique 2006