Namur-Luxembourg

Chez les Belvaux, Lucas et Remy ont consacré leur vie au cinéma, Bruno a choisi la voie de la dramaturgie.

Eh oui, à ses nuits blanches perdues, le bouillonnant directeur du Domaine provincial de Chevetogne est aussi auteur de théâtre.

On lui doit entre autres Modèle déposé, avec Benoît Poelvoorde en 1995, ou plus récemment L’hymne à l’amour, avec Claude Semal.

Des pièces écrites et mises en scène avec son complice de longue date, Jean Lambert, qui est encore de la nouvelle aventure : Un jour j’irai à New York avec toi, au Théâtre de Namur du 27 février au 27 mars, avec Olivier Darimont et le jeune comédien-musicien bourré de talent, épatant de sincérité,

Elie Belvaux, 13 ans, fils de Bruno et neveu de Lucas, pour lequel il avait joué dans La raison du plus faible. On l’aura compris, ce nouveau spectacle, petit miracle de sensibilité, de gravité et d’humour, est une histoire de famille qui explore autour d’une leçon de piano, la difficile relation père-enfant.

Confidences : "Ça fait dix ans que je fais répéter mon gamin chaque jour pendant une heure au piano", indique Bruno Belvaux. "Ces leçons de piano, et plus largement ces échanges que nous avons sur la musique et sur l’art, sont pour beaucoup dans notre complicité. J’ai trouvé que c’était une bonne matière pour un spectacle. J’avais à cœur, depuis des années, de faire un spectacle avec Elie", explique-t-il avec pudeur. "J’ai eu une enfance assez malheureuse, parce que j’avais un père très volage. J’ai souffert énormément étant gamin. J’ai beaucoup échafaudé de théories sur ce qui fait l’engagement artistique des enfants, leurs ongles rongés, leur drame, leur attitude face aux femmes, la profondeur de leur amitié "

"C’est un sujet que je savais que je mettrais un jour sur une feuille de papier. Et la mort de Remy a précipité la réflexion, très fort. Je crois qu’il est mort, certes, d’un tas de circonstances inscrites dans son quotidien et d’une relation très difficile avec une femme. Mais tu réussis mieux dans tes relations avec tes proches si, dans l’enfance, on a fait de toi un être solide, apte à répondre à la sollicitation et à l’agression. La mort de Remy nous a très fort rapprochés, Elie et moi. Et puis, l’écriture a toujours eu pour moi une fonction curative", conclut Bruno Belvaux.