Namur-Luxembourg

Voilà un peu plus d’un an qu’Andenne s’est dotée d’une trentaine de caméras. Depuis, tant la Ville, par l’intermédiaire de son bourgmestre, que du côté de la police, se disent satisfaits de l’outil. "La consultation des images nous a permis d’élucider des affaires dans 65 % des cas", explique Stéphane Carpentier, chef de la zone de police des Arches.

Par l’implantation de ce dispositif, la Ville souhaitait éradiquer les infractions, délits et crimes commis dans la commune par un effet de dissuasion. "Le fait de savoir que des caméras ont été installées dans différents lieux de la commune, cela dissuade considérablement", rapporte Claude Eerdekens, le bourgmestre d’Andenne.

Des résultats très satisfaisants

C’est le cas par exemple dans un parc du centre-ville où de nombreux jeunes se rassemblaient souvent auparavant. Des rassemblements qui inquiétaient principalement le voisinage. "Aujourd’hui, ces jeunes semblent s’être déplacés", rapporte la police.

Les caméras ont été placées de manière stratégique dans la ville et bien qu’elles soient visibles, les endroits précis où elles ont été installées ne sont pas divulgués. Une campagne avait en son temps annoncé l’installation de ces caméras, mais "pour que cela puisse vraiment dissuader les gens de commettre des délits, il faut un minimum de discrétion sur leur position", rappelle le bourgmestre.

Si les caméras dissuadent, elles permettent aussi de constater beaucoup de vols, des dégradations, des agressions, des accidents ou encore des trafics de drogue. Et si le taux d’élucidation est positif, l’implantation des caméras demande aussi plus de travail aux forces de l’ordre. "On gagne du temps en amont car le suspect est plus rapidement identifiable, mais en aval, cela demande aussi plus de temps, car on doit procéder aux auditions, et forcément il y en a plus qu’avant, mais tout cela est positif", précise le chef de la police.

Des résultats à ce point satisfaisants que la Ville souhaite aller plus loin dans la réflexion. "Pourquoi ne pas en placer une centaine dans les villages avoisinants, si cela fonctionne ?", commente le maïeur. Une réflexion qui nécessitera néanmoins une analyse du budget.


Efficaces en temps réel et a posteriori

En début de semaine, le conseil communal de Dinant a approuvé l’installation de quinze nouvelles caméras de surveillance (65 000 €) dans le centre-ville qui viendront s’ajouter aux trente-deux déjà existantes. Ces caméras, dont les premières ont été installées voici quinze mois, rendent de nombreux services aux forces de l’ordre et aux différents services d’enquête. Leur utilité n’est plus à démontrer.

"On est au moins à une demande de visionnage par jour", explique le commissaire de la zone Haute-Meuse Bernard Dehon. Ces caméras de surveillance permettent aux forces de l’ordre d’être efficaces en temps réel lors d’événements.

Utiles dans les dossiers judiciaires

"Pour la parade RTL ou le Nouvel An chinois 2017, on s’en est beaucoup servi. Avec les travaux de la Croisette, elles ont été très utiles lorsque l’on a dû mettre des déviations en place jamais testées auparavant comme remettre la rue Grande en double sens de circulation. Quand il y a un blocage, cela nous permet de voir facilement où se trouvent les problèmes."

Les vidéos peuvent par ailleurs être consultées a posteriori. Là, c’est davantage pour les dossiers judiciaires qu’elles sont devenues indispensables. "On a pu retrouver les auteurs de pas mal d’accidents avec délit de fuite impliquant des piétons. Il faut être conscient qu’elles ne servent pas que pour Dinant. Si un accident se produit à Yvoir ou à Anhée et que l’on a une description du véhicule, on peut vérifier s’il est entré chez nous. On a pu arrêter l’auteur d’un braquage commis dans un night-shop près de la gare de Dinant et élucider beaucoup de vols dans des commerces puisque l’on voit les auteurs présumés sortir des magasins. Elles sont aussi utiles dans les affaires de coups et blessures afin de donner du crédit aux versions des policiers ou encore pour les incivilités."

Si le bourgmestre Richard Fournaux rempile en novembre prochain, de nouvelles caméras devraient encore embellir les rues de la ville dans les prochaines années. "La police va déménager vers la rue Saint-Jacques (vers 2020), nous allons devoir y installer la fibre optique. Il serait idiot de ne pas profiter du chantier pour mettre sur le parcours quelques caméras."

Une volonté partagée par le chef de corps Bernard Dehon qui souhaiterait qu’il s’agisse de caméras avec détection automatique de plaques d’immatriculation.