Namur-Luxembourg Les résultats de l’étude en cours se font toujours attendre.

La suspicion de clusters de cancers à Cortil-Wodon dans la commune de Fernelmont continue à alimenter les débats au parlement wallon. Le 27 mars la députée Ecolo Hélène Ryckmans a posé une question orale à la ministre wallonne de la Santé Alda Greoli (CDH) : "Depuis près de deux ans maintenant les habitants de Fernelmont ont tiré la sonnette d’alarme et demandé la mise en place d’une étude. Or cette étude est toujours en cours. Où en sont les médecins experts dans leurs investigations ? Quand cette étude sera-t-elle finalisée ?"

Une étude plus large va débuter

La réponse de la ministre ressemble à s’y méprendre à un cliché : "En ce qui concerne l’avancée de l’étude, je vous confirme qu’après avoir effectivement pris un peu de retard, elle est aujourd’hui toujours en cours. Ayant décidé de laisser libres les experts dans leur travail je ne suis pas en mesure de vous répondre quant à l’avancée de leurs investigations. J’espère néanmoins que nous pourrons encore avoir des résultats ce semestre."

La députée Ecolo rappelle aussi qu’il y a suspicion de cluster de cancer à Fernelmont et qu’une étude plus large, l’étude Pro Pulp, est sur le point de débuter, au niveau wallon, de manière à pouvoir identifier les risques en matière d’exposition aux pesticides : "Cela veut dire que le type d’outils de prévention qui est préparé ou qui sera préparé pour Fernelmont sera utile à d’autres endroits."

Les riverains sont inquiets

Marie-Thérèse Gillet, qui se bat depuis plusieurs années pour faire reconnaître le lien entre un nombre élevé de cancers et l’emploi de pesticides, est sceptique : "Les riverains craignent que comme l’étude est menée sur un cluster de cancers, donc sur un petit nombre, elle ne mènera à rien." Il faudrait qu’elle soit menée à plus grande échelle, ce qui est d’ailleurs un souhait des médecins des communes environnantes. "Il y a tellement de décideurs, la tactique utilisée par les politiques consiste donc à ne rien décider", constate-t-elle et elle ajoute : "Les experts reçoivent des subsides de l’université à laquelle ils appartiennent, donc de l’Etat. Comment peut-on les considérer comme indépendants ?".