Namur-Luxembourg Défi veut renforcer le rôle de la province dans le paysage institutionnel belge.

Alors que d’autres formations politiques se préparent à retirer des compétences aux provinces, Défi veut lui accorder davantage de puissance. L’argument est particulièrement sensible à Namur qui craint de voir les impôts levés sur ses citoyens partir vers Liège ou le Hainaut en cas de régionalisation.

Défi croit en la province, affirme Jonathan Martin, président du parti en Wallonie. "Les différents scandales ont, certes, jeté le trouble sur le paysage institutionnel provincial. Mais pour nous, il ne faut pas pour autant jeter le bébé avec l’eau bain. On parle de bonne gouvernance, mais je tiens quand même à rappeler que l’institution provinciale a déjà fait l’objet d’une importante cure d’amaigrissement. Les députés et conseillers provinciaux ont vu leur nombre réduit d’un tiers."

Le parti d’Olivier Maingain, représenté à Namur par les têtes de liste Pierre-Yves Dupuis et Françoise Kinet, estime que le débat sur les rémunérations des conseillers provinciaux n’a pas lieu d’être. "On est très loin des rémunérations perçues dans certaines intercommunales, en dehors de tout cadre légal. C’est l’opacité des intercommunales qu’il faut combattre."

La province , une institution qui tire sa légitimité du suffrage universel, "tandis que les intercommunales échappent encore et toujours au contrôle démocratique. C’est ça, le vrai problème ! C’est pour cette raison que nous préconisons, pour plus de transparence, le transfert à la province de la gestion de toute une série de compétences actuellement à charge d’intercommunales".

Défi souhaite mettre en place des réunions ouvertes au public et la possibilité pour le citoyen de sanctionner d’éventuels dysfonctionnements via l’élection des conseillers provinciaux. "C’est la garantie d’une meilleure gestion publique", estime Jonathan Martin.

Selon Défi, la province a la capacité de pallier les carences des autres niveaux de pouvoir. "Une régionalisation des compétences, outre de renforcer le poids des deux grandes provinces, éloignerait les centres de décision du terrain opérationnel : ce serait une grave erreur. Et puis, il y a la fiscalité. Chaque euro perçu par la Province est réinvesti sur son territoire, au profit de ses habitants. Ce n’est pas rien", estime celui qui voudrait recentrer la province sur quelques grandes compétences.

Défi a ainsi dévoilé le nom de ses têtes de liste sur 3 des 6 districts où elle sera présente. Gauthier Pirson (Namur), Leticia Peresan (Andenne) et Jean-François Dondelet (Dinant).