Namur-Luxembourg

Depuis deux jours, Cédric (patron d’une exploitation forestière dans la région de Bertrix) ne fait que ressasser les images de Kylian Duterme, décédé ce samedi dans la forêt de Martelange. Il était sur place lorsque le corps du jeune homme de 21 ans a été retrouvé. "Son patron m’a appelé dans l’après-midi. Il n’avait plus de nouvelles de lui. Nous sommes donc partis à sa recherche, avec 6-7 autres personnes. Ce fut un coup au moral lorsque nous avons trouvé le corps. Les nuits sont courtes depuis samedi", témoigne-t-il.

Cet accident pouvait-il être évité ? Pour notre interlocuteur, non. Le fait que le jeune homme originaire de Sainte-Ode était seul n’a rien à voir avec sa mort.

"Même si son patron ou une autre personne avaient été là, ils n’auraient peut-être rien pu faire non plus. Ou rien entendu. C’est la fatalité. La malchance. Nous savons tous que nous prenons des risques quand on fait ce métier", poursuit-il.

Marché mondialisé

Sur le terrain, les formations en matière de sécurité sont minimes. Le risque zéro n’existe pas. En tant que patron, Cédric admet quand même qu’à l’heure actuelle, le métier de bûcheron est devenu très compliqué. Différents facteurs expliquent cela. Notamment le prix du marché : "La pression est importante et nous la ressentons. Aujourd’hui, les prix pour la vente de bois sont parfois moins élevés qu’il y a vingt ans. De 10 €/m3 en l’an 2000, je vends parfois aujourd’hui à 5-6 €/m3. Les charges sont importantes. On doit bosser six jours semaine pour s’en sortir convenablement." Et puis, le marché s’est mondialisé.

Forte mise en concurrence

Comme dans le secteur de la construction, il n’est pas rare de voir de la main-d’œuvre étrangère venir en Ardenne.

"Chacun doit gagner sa croûte mais cela implique évidemment une forte concurrence. Je dois aussi ajouter que les bûcherons se font rares par chez nous. Et quand certains veulent travailler avec d’autres, ce n’est pas toujours évident. Il peut y avoir des jalousies ou un problème d’égo. La main-d’œuvre étrangère n’a pas ce genre de problème car les gens viennent en équipe", conclut-il.